Pendant les deux dernières
semaines, l’échauffement a été remplacé par
l’ergothérapie. Une vieille connaissance nous attendait
là-bas, avec tout un nouveau stock d’aiguilles plus grosses
et plus longues que les premières… Je en serais pas étonnée
qu’elle les ait empoisonnées,
celles-là !
Quel est le but de l’ergothérapie ? Nous rééduquer dans
nos activités du quotidien. Le local est d’ailleurs baptisé
« l’appart’ » et l’on y trouve toutes
les pièces de notre quotidien : cuisine, salle à manger, salle
de bains, chambre. Annick, notre ergothérapeute, nous apprend à
protéger notre dos lors de tous les mouvements obligatoires à la
maison : comment se doucher, se laver les cheveux,
s’habiller, faire les diverses tâches ménagères, la cuisine,
la vaisselle, …etc.
Comme de bien entendu, vu qu’il faudra solliciter intensément
les divers muscles qui vont compenser les mouvements interdits, il
faut les renforcer ! Plusieurs ateliers sont à notre
disposition pour
cela : atelier du carreleur, des fentes latérales, le mur a
démonter et remonter, rempli de sable en quantité variable,
transfert vertical de masses, et pour terminer, le plus redouté,
l’escalier nord de l’établissement… Deux étages
en sous-sol, plus cinq étages au-dessus, ça fait sept étages
qu’il faut monter et descendre le plus possible pendant dix
minutes… attendez, je n’ai pas fini ! …lesté
d’une charge variable (qu’il faut augmenter
régulièrement, bien évidemment !), que l’on porte soit à
la main, soit dans un sac à dos.
Dix minutes à mon rythme, 14 étages…, lestée la première
semaine de 2,5 kg ! La semaine suivante, 21 étages, lestée de
6 kg…la matinée commençait très fort ! Pour le coup, les
jambes entières participaient aux castagnettes, où à Parkinson,
comme vous voulez ! Dernier détail, nous avons bien demandé
l’installation de la clim dans l’escalier nord, mais
nous n’avons point été entendus…
Je ne l’ai fait que deux fois la dernière semaine. Dame
Douleur, sentant que le séjour se terminait, a frappé fort mardi
matin, lors d’un test d’endurance des spinaux. Au bout
d’une minute et quelques secondes de maintien du dos à
l’horizontale , alors que je visais les trois minutes,
j’ai dû me redresser sous l’injonction sans pitié du
chronométreur (un stagiaire kiné nommé Floriant à qui Edouard avait
transmis de strictes consignes), et Dame Douleur a sorti son
poignard, ravie de trouver enfin l’occasion de s’en
servir.
Plus d’escaliers, plus de gainage, plus de renforcement
musculaire… Mes matinées étaient partagées entre les
étirements, des séjours dans le bain chaud en balnéo avec massage
par les buses, et des séances de petits appareils nommés TENS, dont
je vous parlerai dans le prochain article. Deux à un pour Dame
Douleur...