Séjour chez les commandos du quotidien

Monseigneur TENS  (Séjour chez les commandos du quotidien) posté le mardi 07 juillet 2009 18:24

            L’ennemi juré de Dame Douleur… Celui qui réduit à néant toutes ses attaques, le Prince charmant armé de ses câbles, de ses pastilles collantes et de son boîtier générateur de petits fourmillement à l’endroit où la diablesse a planté ses griffes, bref, mon héros ! Par contre, ne me demandez pas ce que signifient les initiales, je ne les ai pas sauvegardées sur mon disque dur cérébral, et il n’enregistre plus rien de son propre gré, ce fainéant ! Et puis d’abord, c’est en anglais…

            Je vous laisse juges (il n’y a qu’à regarder les photos… et cette fois-ci, il n’y en a que trois, même si le flick en repasse une deux fois sans que je ne lui aie rien demandé…) de l’état de bien-être dans lequel il me plonge…

            Son action , conjuguée (au présent et au futur) à celle du coussin chaud glissé sous les lombaires, anéantit les séquelles du coup de poignard planté méchamment par mon ennemie, et cela pour tout le restant de la journée ! Longue vie à Monseigneur TENS !

            PS. Le gentil médecin des Massues m’en a prescrit un pour mon usage perso…

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Ergothérapisons !  (Séjour chez les commandos du quotidien) posté le mardi 07 juillet 2009 16:53

            Pendant les deux dernières semaines, l’échauffement a été remplacé par l’ergothérapie. Une vieille connaissance nous attendait là-bas, avec tout un nouveau stock d’aiguilles plus grosses et plus longues que les premières… Je en serais pas étonnée qu’elle les ait empoisonnées, celles-là !

            Quel est le but de l’ergothérapie ? Nous rééduquer dans nos activités du quotidien. Le local est d’ailleurs baptisé « l’appart’ » et l’on y trouve toutes les pièces de notre quotidien : cuisine, salle à manger, salle de bains, chambre. Annick, notre ergothérapeute, nous apprend à protéger notre dos lors de tous les mouvements obligatoires à la maison : comment se doucher, se laver les cheveux, s’habiller, faire les diverses tâches ménagères, la cuisine, la vaisselle, …etc.

            Comme de bien entendu, vu qu’il faudra solliciter intensément les divers muscles qui vont compenser les mouvements interdits, il faut les renforcer ! Plusieurs ateliers sont à notre disposition pour  cela : atelier du carreleur, des fentes latérales, le mur a démonter et remonter, rempli de sable en quantité variable, transfert vertical de masses, et pour terminer, le plus redouté, l’escalier nord de l’établissement… Deux étages en sous-sol, plus cinq étages au-dessus, ça fait sept étages qu’il faut monter et descendre le plus possible pendant dix minutes… attendez, je n’ai pas fini ! …lesté d’une charge variable (qu’il faut augmenter régulièrement, bien évidemment !), que l’on porte soit à la main, soit dans un sac à dos.

            Dix minutes à mon rythme, 14 étages…, lestée la première semaine de 2,5 kg ! La semaine suivante, 21 étages, lestée de 6 kg…la matinée commençait très fort ! Pour le coup, les jambes entières participaient aux castagnettes, où à Parkinson, comme vous voulez ! Dernier détail, nous avons bien demandé l’installation de la clim dans l’escalier nord, mais nous n’avons point été entendus…

            Je ne l’ai fait que deux fois la dernière semaine. Dame Douleur, sentant que le séjour se terminait, a frappé fort mardi matin, lors d’un test d’endurance des spinaux. Au bout d’une minute et quelques secondes de maintien du dos à l’horizontale , alors que je visais les trois minutes, j’ai dû me redresser sous l’injonction sans pitié du chronométreur (un stagiaire kiné nommé Floriant à qui Edouard avait transmis de strictes consignes), et Dame Douleur a sorti son poignard, ravie de trouver enfin l’occasion de s’en servir.

            Plus d’escaliers, plus de gainage, plus de renforcement musculaire… Mes matinées étaient partagées entre les étirements, des séjours dans le bain chaud en balnéo avec massage par les buses, et des séances de petits appareils nommés TENS, dont je vous parlerai dans le prochain article. Deux à un pour Dame Douleur...

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La balnéo  (Séjour chez les commandos du quotidien) posté le lundi 06 juillet 2009 16:54

            La piscine du Centre se remplit tous les jours à 10 h 30, pendant une heure, d’une douzaine de personnes armées de planches , de rondelles, de frites, de ballons, bref de tout un tas d’ustensiles destinés à nous muscler sous l’eau, sous les ordres des kinés, des stagiaires (qui se retrouvent quelquefois dans l’eau avec nous, vigoureusement propulsées par leur maître de stage pour fêter la fin de leur stage) ou du maître-nageur. L’ambiance est assurée par notre boute-en-train Jean-Marc, qui n’arrête pas de commenter les exercices ou de chambrer les uns et les autres, principalement les dirigeants de l’activité.

            Pendant trois quarts d’heure, il faut plonger les planches sous l’eau bras tendus, tenir en équilibre sur un ballon d’une douzaine de centimètres de diamètre, puis marcher sur le même ballon, et toute une série d’exercices pour parfaire le gainage abdos-spinaux-fessiers.

            La récompense de nos efforts se trouve dans le bain chaud, sous le massage vigoureux d’une série de buses situées à plusieurs niveaux, pendant un petit quart d’heure.

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Les étirements  (Séjour chez les commandos du quotidien) posté le lundi 06 juillet 2009 16:35

Deuxième étape de la matinée : les étirements. Allongés sur les matelas bien rembourrés, nous commençons par travailler la respiration. Que du bonheur ! On gonfle le ventre, puis les poumons… Quand il ne reste plus de place, on dégonfle tout : d’abord les poumons, puis le ventre. Au bout de cinq minutes, on accompagne la respiration d’un étirement des bras.

Et après, me direz-vous ? On fait dodo ? Que dalle ! Après, on étire tout ce qu’il est possible d’étirer : dérouillage lombaire, ischiojambiers, (Là, vous êtes en dessous de tout, M. Correcteur-en-rouge ! Vous me le soulignez en rouge, pour me dire ensuite que vous n’avez aucune suggestion ? C’est faux, mais vous ne savez pas l’écrire ?) pyramidal (si vous ne savez pas quel muscle c’est, on l’appelle aussi piriforme. Toujours pas ? C’est un muscle fessier, je pense, puisque ça tire dans la fesse quand on l’étire), adducteurs, petits et grands, quadriceps, tous les triceps possibles, pectoraux, épaules. (Merci de me rappeler ceux que j’ai oubliés, Edouard)

            Il y en a même un qui nous fait prendre quelques centimètres, paraît-il : il s’appelle l’autograndissement axial actif, raccourci en AAA. Alors là, il faut s’imaginer qu’on nous tire par une ficelle fixée sur le haut du crâne, et tenir la position le plus possible. Je n’ai pas encore vérifié si j’avais grandi…

            Une pause s’impose… Nous la prenons entre les étirements et le gainage. Elle dure en général bien plus que les dix minutes généreusement accordées par Edouard, puisqu’il faut monter eu rez-de-chaussée pour trouver les distributeurs de café, et le petit coin de jardin sympathique garni de cendriers pour les incorrigibles fumeurs dont je fais partie.

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L'échauffement  (Séjour chez les commandos du quotidien) posté le samedi 04 juillet 2009 11:53

La première heure du matin était consacrée à l’échauffement pendant les deux premières semaines. Edouard nous avait montré tous les appareils destinés à mettre notre machine musculaire en route. Le premier jour, j’ai commencé extrêmement prudemment par le tapis roulant, à allure modérée.(J’avais prévu de faire une demi-heure de marche) Puis le naturel que vous connaissez maintenant, après le méga-tag où j’ai longuement développé tous mes traits de caractère (…) a vite repris le dessus, et j’ai progressivement augmenté l’allure…  Résultat des courses : lorsque je suis descendue du tapis, mes jambes ne me portaient plus, mes genoux jouaient des castagnettes (rappel de ma vie à Barcelone…), et j’étais incapable de faire quoi que ce soit d’autre pendant la demi-heure restante. Bonne gestion de mon énergie musculaire…J’aurais pu faire dix minutes de vélo, dix minutes de step et dix minutes de rameur…, mais non ! Bravo, Gribouille !

Les jours suivants ne m’ont pas appris à doser mes efforts…, Ayant comme politique de combattre le mal par le mal, je m’acharnais à chasser ces maudites courbatures en continuant comme si de rien n’était, toujours plus long, toujours plus vite…Je crois que quand on naît « bourrine » (féminin de bourrin, terme familier pour désigner les personnes qui n’utilisent peu ou pas leur matière grise), on le reste…Dans le domaine de l’activité physique, j’ai toujours été en compétition permanente avec moi-même, aller toujours au bout, pour repousser un peu plus loin mes limites… Quel intérêt, me demanderez-vous ? Aucun, je vous assure !…Peu importe, au bout d’une semaine, j’étais au top de ma forme, une pêche d’enfer ! Dame Douleur , contrainte de retirer ses aiguilles, avait déclaré forfait… Un point partout !

 

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