J'adore les médecins...

Retour à la maison... euh... brouillon !  (J'adore les médecins...) posté le mardi 09 février 2010 13:30

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Retour à la maison... euh... brouillon !

Bruit de brancard dans le couloir à 8 h 47… Les ambulanciers sont  en avance ! Tant mieux, j’étais prête depuis longtemps. Saucissonnée devant la porte de ma chambre, descendue par l’ascenseur, embarquée dans l’ambulance top chrono, c’est 8 h 53.

Côté maison, les nouvelles sont pas bonnes… commandé le 31 décembre, le bois de lit qui doit contenir le nouveau sommier électrique indispensable à mes futurs après-midis de repos était bien arrivé depuis dix jours, mais il manquait la moitié des vis et des pièces d’assemblage… Le sommier électrique était lui aussi bien arrivé deux jours avant, mais lui n’avait pas ses pieds. Les deux sites, vigoureusement stimulés, injuriés, vilipendés par mails, au téléphone tous les jours n’avaient qu’une réponse, la même : « Je me renseigne auprès de notre fournisseur, je vous rappelle… » Bien évidemment, pas de rappel.

Côté construction, aussi des problèmes. Les lattes supposées soutenir le sommier ne peuvent pas être mises en place à l’emplacement prévu, cause moteur du sommier, et de toute façon, tant que la visserie n’était pas arrivée, pas de montage possible.

L’ancienne armoire, qui menaçait de s’écrouler depuis quelque temps (plus de dix ans, premier prix Confo, pas de lézard…), avait été démontée également, son contenu soigneusement installé sur le lit de la chambre (désormais vide) de Marina, et j’étais sans nouvelles de sa success-trice, commandée, elle, le 20 janvier, délai annoncé 24/48 heures… (Je le suis toujours aujourd’hui, une semaine après mon retour…)

Bref, retour un peu … chantier, dirons-nous ! Nous avons dormi les deux premières nuits sur l’ancien matelas de l’ancien lit, posé par terre, (configuration idéale pour d’allonger et se relever) à côté du bois de lit-pieds-en-l’air, puisque non raccroché à la tête de lit et posé par terre. La visserie est arrivée le troisième jour et nous avons enfin pu étrenner le nouveau lit, faire monter et descendre la tête de lit, puis monter et descendre les pieds de lit, d’abord le matelas de droite, puis le matelas de gauche…

Problème épineux suivant : comment m’empêcher de  m’attaquer tout de suite au gros œuvre de l’appartement ? Le récurage express de la cuisine m’a rassurée instantanément, en me donnant vertiges et nausées… Direction le lit électrique…ah non, zut, pas encore ! J’avais oublié que le volet ne s’ouvrait plus et que le service technique de la Mairie de Chassieu, ma propriétaire, étant sans budget jusqu’au mois de mars, n’enverrait personne pour le réparer, voire le changer, (même problème chez ma voisine de dessous, même résultat) avant quelque temps…

Soit ! Je me suis installée sur le canapé du salon en position horizontale, ce qui m’a collé le bourdon, mais a fait cesser les malaises. Je commençais à prendre conscience que revenir à la verticale après avoir vécu à l’horizontale 22heures/24 pendant trois mois n’allait pas être aussi facile que ça.

Jeudi après-midi, radio de contrôle puis consultation postopératoire des trois mois. J’ai revu avec plaisir M. Charmant Chirurgien, qui m’a assuré, au vu de la radio, de la bonne voie de la prise de greffe, et m’a demandé si j’avais laissé un souvenir impérissable à l’équipe du château de Gléteins, question qui m’a fait hausser les sourcils… « C’est l’impression que j’ai eue au téléphone quand le médecin m’a appelé pour  me dire que vous étiez parfaitement capable de rentrer chez vous, et me demander s’il fallait vraiment qu’ils vous gardent… » Je lui ai assuré que j’avais été exemplaire, que je ne me levais que pour aller manger à midi et le soir depuis un mois et demi, et que j’avais arrêté de galoper dans le parc dès que Dame Douleur s’était manifestée, que M. Corset ne me quittait pas depuis le début. Il m’a alors félicitée mais a refusé de prononcer le divorce espéré. Encore trois mois, m’a-t-il dit. Jusqu’à ce que la greffe soit totalement solidifiée, et que l’on puisse envisager la rééducation (encore ? – Mais oui !) Question subsidiaire, quoique j’y aie déjà répondu… position assise et conduite autorisée ? Oui, dans la limite des douleurs, sans antalgiques. Je l’ai assuré de mon sevrage récent de tout antalgique, sans que DD se soit manifestée. (Définitivement vaincue, la diablesse ! Sauf si je déraisonne…) « Prochain rendez-vous dans trois mois, au revoir chère Madame ! Soyez sage ! »

Les jours suivants ont été … euh… larmoyants ! Impossible de rester assise plus de cinq minutes, difficile de s’installer au volant…au secours ! Heureusement la persévérance paye toujours… J’ai pu rédiger cet article…en trois fois, je ne pourrai malheureusement pas venir vous voir avant ce soir ! Mais nouvelles globalement bonnes, petite forme, nuits difficiles (sevrage ?), mais peu ou pas de douleurs, et un moral qui remonte en flèche après avoir été durant quelques jours … hésitant !

 

 

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Scalpel en action !  (J'adore les médecins...) posté le lundi 16 novembre 2009 15:19

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Scalpel en action !

Eh bien non, je n’ai pas explosé ! Ma tension est montée à 12, chose qui ne m’était jamais arrivée (je navigue entre 9 et 10), mais j’ai tenu bon. Les problèmes ne sont pas résolus, mais j’ai pris du recul … géographique !

Reprenons depuis le début… Le dernier article concernant ma santé en était resté à … Monseigneur Tens ! Ouoauh !  J’ai du retard… En même temps, il y avait la fin de saison de Percute à suivre… C’est qu’il est allé se confronter aux cracks dans la cour des grands, mon petit bonhomme !

Mais revenons à nos moutons. Le séjour  chez les commandos, au cours duquel je me suis donnée à fond, a atteint son objectif… des muscles et des stratégies ! Mais il n’a  malheureusement pas redonné de corps à mon disque et rebouché le trou de ma vertèbre. Et la décision fut vite rapidement prise à la quasi unanimité. (Seul le médecin des Massues mettait un bémol et voulait souligner la nette amélioration constatée après le mois passé là-bas en fermant les yeux sur les deux blocages survenus au cours du séjour, tout en comprenant que l’avenir comporterait pour moi des souffrances inévitables…bref, elle enfilait son parapluie…pardon, son imperméable !)

Je suis donc rentrée à l’hôpital Jean Mermoz (il est marrant, cet hosto, non ? On voit strictement rien de l’extéroeur, les fenêtres sont bariolées de blanc, je vous assure qu’on n epeut pas le rater !)le 3 novembre, dans une chambre individuelle où j’ai flashé instantanément sur deux choses : l’écran plat HD 81 cm fixé au mur devant mon lit, et la télécommande des volets électriques… L’opération étant programmée en début d’après-midi, j’ai même pu prendre un repas léger le soir, alors que je me préparais psychologiquement depuis la veille à une soirée « ventre-vide », synonyme très proche de « martyre » ou « torture » …On m’a descendue au bloc le lendemain à 15 h 15, et gros trou noir jusqu’à 21 h 00, où je me suis retrouvée seule dans ma chambre ; Aucun souvenir de la salle de réveil où de façon logique j’aurais dû me réveiller !  Vague impression d’un médecin me disant que tout s’était très bien passé, était-ce mon charmant chirurgien ou le gentil anesthésiste, point ne sais-je. Et gros dodo.

Le lendemain soir, j’ai fait le point sur les divers messages que m’envoyait mon corps. Il se déclarait tout d’abord absolument satisfait de la qualité de ce qui était rentré par la bouche à trois reprises pendant la journée. Puis il s’est montré indigné par les hématomes dont mes bras étaient recouverts au niveau du pli du coude et autour du nombril, et qui prenaient une vilaine couleur violet-vert-jaunasse, mais a reconnu que le surjet interne faisait une très jolie cicatrice, fine et sans boursouflures.

Puis il s’est brusquement tu, et j’ai compris son trouble : il allait attaquer les plaintes concernant les douleurs, qui auraient logiquement dû le tourmenter après l’intervention, mais ne trouvait pas matière à se lamenter !

« Allons, se disait-il, un scalpel affuté t’a ouvert le ventre, des doigts se sont introduits et ont frayé un chemin jusqu’à ta colonne vertébrale pour y amener tout un attirail de bricolo et le fixer avec des vis, en titane d’accord, mais des vis quand même, après avoir retiré le peu qui restait de ton pauvre disque, et mis en place un truc en carbone autour duquel il y a  une substance qui soi-disant génère de la matière osseuse, et tu n’as PAS    DE   DOULEURS !!! C’est un rêve, tu vas obligatoirement te réveiller, ce n’est pas possible !!! »

Il a eu beau me sommer d’arrêter les drogues, faire refaire le scanner corporel par mon cerveau cette fois-ci tout à fait opérationnel, toujours pas de douleurs ! Il n’a eu de cesse dès lors à me tourmenter jusqu’à ce que je le sorte du lit et fasse quelques pas, en équilibre précaire, mais qui m’ont menée jusqu’à la salle de bains. Toujours pas de douleurs !

Elles sont quand même arrivées…Mais pas où on les attendait !  Dans le pli de l’aine, et sur le haut de la cuisse gauche. Et quand je dis des douleurs, ce sont des vraies !  Style coup de poignard dans l’aine, et brûlure au fer rouge sur la cuisse. Interrogé, le chirurgien me dit que c’est normal, que pour parvenir à la colonne, il fallait passer à travers le psoas, muscle profond, qui manifeste son déplaisir… de façon déplaisante !!

Deux fois par jour, un kiné venait me faire faire de l’exercice, enfin, de l’exercice… Il me prenait solidement par le bras, genre pour s’assurer que je n’allais pas tomber, et on parcourait ainsi les 25 mètres du couloir aller-retour. Puis il me demandait si je n’étais pas fatiguée…Le deuxième jour, il me fait faire une fente avant, puis deux, puis trois sur chaque jambe, puis me dit que ça suffira pour l’instant. Le troisième jour, il m’emmène dans les escaliers et me demande si je me sens de descendre et remonter un étage. Alors là, je me suis permis de lui dire que quatre mois auparavant, je me tapais mes 21 étages montée-descente tous les jours avec 6 kg dans un sac à dos, et que bon, j’étais un peu flagada maintenant, mais que…Ah ! il dit, vous avez fait les commandos ! Bon, je me fatiguerai avant vous dans les escaliers, on va papoter un peu et je vous ramènerai…

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Pas de liberté conditionnelle pour Gribouille!  (J'adore les médecins...) posté le mercredi 20 mai 2009 15:39

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Pas de liberté conditionnelle pour Gribouille!

Lundi 18, 10 heures pile , au centre orthopédique… Pas question d’être en retard ce jour-là !  (Fait rarissime, j’ai pris au moins deux minutes de marge pour l’éventualité d’un accident, d’un bouchon, ou d’une erreur de parcours…) Des rêves plein la tête (ras les pâquerettes, puisqu’il ne s’agissait que de pouvoir respirer normalement, les étreintes passionnées de M. Corset ne m’en laissant pas le loisir), l’espoir fou de sortir de mon état carcéral devenu insupportable vu les températures croissantes, et l’excitation du détenu qui se rend à une délibération pour une remise de  peine… Remise de peine, mon postérieur ! ! ! Re- mise de peine, oui ! Condamnée à un mois de plus (voire plus...) pour manque d’anticipation ! M. Charmant a perdu 50% de son charme en trente secondes !  Et pour lui, c’est irrécupérable !

Questionnaire de confirmation des faits antérieurs, au cours duquel il se remet en mémoire le dossier qu’il parcourait rapidement quand il est rentré dans la salle d’attente (Horreur ! Je ne lui ai donc laissé aucun souvenir…), marcher dans un sens, dans l’autre, sur la pointe des pieds, sur les talons, divers mouvements pour tester la douleur, et verdict : « On va pouvoir attaquer le gainage … » Mon cœur bondit, palpite, s’emballe, « … sous corset, dans un premier temps… » , un glaçon me coule dans le dos, « …jusqu’à ce que votre musculature soit suffisante pour soutenir votre colonne, mais rassurez-vous, ça reviendra vite… », sourire crispé, « puis l’hôpital de jour aux Massues pour la rééducation fonctionnelle. Vous les avez appelés pour fixer une date d’entrée ? »

-                 Euh, à vrai dire, vous ne me l’avez pas dit, je pensais donc que vous vous en chargiez…

-                  Non, non, c’est au patient de le faire. Mais ce n’est pas grave, je crois qu’il n’y a qu’un délai de deux mois…Ca devrait être bon pour juillet.

-                 Parfait (…) Je les appelle demain.

Chose faite le lendemain à la première heure (enfin, pendant la récré…). Le cœur crispé, je patiente pendant que la secrétaire cherche mon dossier (envoyé au mois de février…), et consulte les disponibilités.

-                 Voilà, madame Perrier. Vous pourrez commencer début octobre.

Là, j’ai frisé l’infarctus ! Elle a dû comprendre tout de suite, elle s’est mise à m’expliquer qu’elle avait énooooooormément de demandes, qu’il y avait des listes d’attente pleines de demandeurs frustrés et harceleurs, mais que malheureusement les groupes étaient complets et archi complets et qu’il n’y avait aucune solution pour moi.

« Et même en cherchant bien ???? »

-                 « Ah… oui… peut-être…, il y aurait bien quelque chose… mais je ne sais pas….

-                 Mais dites-moi QUOI !!!

-                 Eh bien, il faudrait que le médecin vous prescrive une prise en charge individuelle au lieu d’une prise en charge en groupe, et là, ça serait bon pour le mois de juillet…Je vais lui refaire passer votre dossier en explicant que vous ne saviez pas qu’il fallait nous appeler vous-même. Rappelez-moi courant semaine prochaine… »

Et voilà ! La semaine prochaine, même les prises en charge individuelles seront blindées jusqu’au mois de septembre, et rien que l’idée d’endurer (ce qui semble devoir être le cas) le débordement de passion de M. Corset pendant les chaleurs caniculaires de l’été (pour moi, la canicule commence à partir de 25°…) dont les derniers jours m’ont donné un aperçu, me donne envie de hurler…

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Nouvelles perspectives en vue...  (J'adore les médecins...) posté le jeudi 26 mars 2009 16:25

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Nouvelles perspectives en vue...

Et pas des meilleures ! Bien entendu, je suis retournée lundi soir au centre orthopédique pour raconter mes malheurs…Pour cela, j’ai repris contact avec Monsieur Corset qui m’a vigoureusement serrée dans ses bras pour marquer sa joie des retrouvailles (il n’est pas rancunier…), et avec ma petite voiture qui, elle, a manifesté sa réprobation d’avoir été privée de moi pendant quatre jours en calant trois fois… (ma fille avait changé les réglages du siège, et comme Monsieur Corset n’allait pas, vu son caractère rigide, bouleverser ses principes pour me faciliter la tâche, je n’arrivais pas à atteindre la manette pour m’avancer, et il m’a fallu ressortir de la voiture pour retrouver la bonne  position…)

Le trajet fut douloureux…En cinq minutes, les ralentisseurs installés récemment par M. le Maire pour ralentir les ardeurs des-gens-toujours-à-la-bourre m’avaient mis le dos en feu, et je suis arrivée au Centre en grimaçant.

Mon médecin, toujours aussi charmant, après avoir écouté mes explications, a tiré la conclusion que mon maudit disque au rabais (j’ai dû l’acheter en solde lors d’une fin de mois difficile…) s’était à nouveau fissuré et m’a expliqué qu’il s’aplatissait à chaque fois un peu plus… (quelle mauviette !) Puis il s’est lancé dans une comparaison explicative du fonctionnement défectueux de ma colonne, en la comparant avec un mât de voilier qui ne serait plus tenu que par les haubans (la musculature dorsale), lesquels sont inopérants en cas de forces supérieures à leur maintien. (Maudite santiag !) Il a réhabilité l’image que j’avais de Monsieur Corset en affirmant qu’il mettait tout en œuvre pour pallier aux faiblesses de mes haubans, et m’évitait donc tout mouvement transversal intempestif pouvant déstabiliser mon mât…

Puis il a ajouté que mon disque était visiblement très fragilisé, et qu’il se demandait si les actions conjuguées de M.Corset et de la rééducation qui devait suivre seraient suffisantes pour le remplumer…Après de nombreux détours verbaux, il a finalement avoué qu’il faudrait peut-être envisager l’opération !

Opération qu’il m’a longuement décrite à l’aide d’une maquette, en laquelle j’ai immédiatement reconnu une colonne vertébrale (mon intuition est bien connue…) dont l’un des disques était ceinturé par un cerclage rouge vif, évidemment celui qui sépare  de L4 de L5, qui sont traditionnellement celles qui lâchent les premières…Il m’a expliqué que ce cerclage maintenait un espacement entre les deux vertèbres, dans lequel on introduisait de la matière osseuse pour compenser le manque d’épaisseur du disque . Le système empêchait par la suite d’éventuelles fissurations, et l’évasion du noyau discal par l’une des brèches et son débordement hors de la colonne (figure classique de l’hernie discale)

Je dois avouer que le système m’inspire d’avantage que celui de la vis en titane soudant les vertèbres entre elles, qui m’aurait accusée de vol de manière stridente à chaque passage aux caisses de mon supermarché préféré... (Je ne prends pas souvent l’avion, quelle chance !) Il a conclu en remettant la discussion au prochain rendez-vous, qui doit clore (ou pas) les relations avec M.Corset.

PS. Arrêt de travail rétroactif et anti-inflammatoires pour rajouter de nouvelles douleurs…

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Bande de veinards! Un défilé de mode rien que pour vous!  (J'adore les médecins...) posté le vendredi 20 mars 2009 09:39

Bon, ça c’était pour le fun, histoire de voir les choses de façon positive…Pour le reste Monsieur Corset est un personnage très désagréable… A croire qu’il n’a pas apprécié d’être transformé en centre équestre ! Outre sa rigidité naturelle qui me le rend fort antipathique, ses mouvements d’humeur m’horripilent.

Monsieur Corset n’aime pas du tout être bousculé et manifeste outrageusement ses ressentis. Il n’aime pas les trajets en  voiture et essaie par toutes les manières de m’empêcher son accès : interdiction formelle de me pencher en avant, ce qui m’oblige à m’agripper au toit pour m’installer au volant, rapprocher mon siège au maximum et le redresser à 90°.

Il s’oppose également à toute tentative pour ramasser le briquet qui tombe ou le pantalon qui traîne par terre, m’imposant des génuflexions sans fin qui transforment progressivement mes muscles en béton, mais entraînent également des courbatures très déplaisantes.

Monsieur Corset est également particulièrement brutal dans ses manifestations d’amour : il ne fait son boulot que s’il me serre avec passion dans ses bras. Autrement, il convoque aussitôt sa diablesse de complice, Dame Douleur, qui vient infailliblement à sa rescousse. Le résultat conjugué de leurs manigances est de me couper le souffle quasiment en permanence.

Pour couronner le tout, Monsieur Corset est particulièrement possessif. Hier matin, agacée de me contorsionner dans tous les sens pour enfiler mes tiags, je l’ai viré pour un court moment… Il a illico appelé sa complice qui s’est précipitée sur le bas de mon dos, poignard en main. Résultat des courses, je reste allongée depuis sans pouvoir bouger d’un pouce. Monsieur Corset fait la gueule, exilé dans un cagibi, mais son associée veille sur moi…

Mais elle n’a aucun pouvoir sur ma secrétaire de dépannage, qui a eu la gentillesse de taper cet article… Par contre, désolée de ne pouvoir vous rendre visite, la station assise m’est totalement interdite…

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