Compagnon... et
propulseur (...) des folles galopades sur les immenses plages
casablancaises, voilà mon premier amour... équin
!
Arrivée au Maroc
avec ma passion bien enfouie dans ma poche, je n'avais guère
espoir de pouvoir la vivre dans des conditions classiques.
L'intégration au seul centre équestre que je
connaissais , le Club Alpin Français Casablancais, se
faisait par parrainage et cotisation, évidemment hors
d'atteinte du budget paternel, largement entamé par mon
inscription et celle de mon frère au Racing
Universitaire Casablancais section tennis ... Je la
nourrissais donc ( ma passion) par la seule observation des
cavaliers fortunés, évoluant dans la
superbe carrière de ce club sportif...
J'ai fait la connaissance
de Rebelde, petit Arabe barbe, par l'intermédiaire de mon
amie qui, elle, vivait sa passion de façon tout à
fait officielle au sein très fermé du CAFC, avec une
monture nommée Latif.
Comprenant mon envie
dévorante et ma frustration répétée de
la voir dans ses oeuvres, elle m'avait présenté une
connaissance à elle, mécanicien de son état,
propriétaire de Rebelde, et dans l'impossibilité de
le monter régulièrement, par manque de
temps...
Il avait, en pleine ville,
un petit enclos ceinturé de murs, d'environ
vingt mètres sur vingt (voir photo...), où
Rebelde avait son box... et n'en sortait guère! Ravi de
pouvoir déléguer, son propriétaire m'avait
laissé carte blanche pour le monter quand j'en avait envie,
et où j'en avait envie...
Comme il entreposait
régulièrement des autobus dans cet enclos, j'ai
rapidement trouvé l'espace trop restreint ...(mon genou a
d'ailleurs fait les frais des variations brutales de direction
propres à la fougue du petit chiwal, au contact, tout
à fait involontaire mais extrêmement violent, d'un feu
arrière... j'en ai encore la
cicatrice)
J'ai donc orienté
mes recherches vers des endroits plus propices, et quoi de plus
approprié pour défouler cette petite Ferrari à
quatre pattes que les immenses plages désertes (en semaine)
de Casablanca !
Résultat, la
première fois que je m'y suis rendue, je me suis perdue au
retour, et j'ai erré pendant plus d'une heure avant de
retrouver le chemin de l'enclos... Je vous laisse imaginer les
explications vaseuses fournies à mon cher papa pour mon
retard, étant bien entendu qu'en aucun cas je ne devais
m'avanturer seule en dehors de l'enclos...
Ce malheureux
épisode, suivi d'une interdiction de monter pendant un bon
mois, ne m'a guère freinée dans ces
expéditions (évidemment clandestines) qui ont fait
mon bonheur pendant près de deux ans...