C’est mon cocon, mon refuge, mes racines, mon berceau… Elle a une importance énorme pour moi, elle représente tout ce qui me rattache à une valeur primordiale, la famille… Je ne veux pas dire par là que les liens familiaux que j’entretiens n’existeraient pas sans elle, loin de là ! Mais elle en est la réalité matérielle, visible, et pour moi indestructible…
Construite en 1933 par mes grand-parents paternels, alors instituteurs au Mazet Saint Voy, à quelques kilomètres du Chambon sur Lignon où elle est située, elle constitue le seul lien avec mon pays, pendant les vingt ans où j’ai vécu à l’étranger. Nous y revenions à toutes les vacances scolaires tant que la distance nous le permettait (Bruxelles et Barcelone), et pendant les grandes vacances les trois années passées à Casablanca.
Elle a été le témoin muet de tous les exploits de mon enfance… Tenez, par exemple : vous voyez l’arbre qui borde la photo à gauche ? J’avais cinq ans, ma môman chérie sort dans le jardin et m’appelle… Je lui ai répondu depuis la cime (ou presque) de cet arbre, lui provoquant une décharge d’adrénaline monstrueuse… Elle n’apercevait plus que la tache rouge de mon pull ! (s’en est suivi une grosse fessée…)
J’ai élu domicile sous les poutres du grenier à l’adolescence, après avoir fait le vide (de tous les coffres contenant des vieux habits de ma grand-mère, en particulier…), et j’y ai vécu mes rêves cachés, mes premiers émois (victoire sur Fred ou Pascal au bras de fer, course en vélo gagnée contre Jean), mes premiers frissons sentimentaux (plus tard, ceux-là…)
Puis j’ai regagné la chambre du rez-de-chaussée, plus impersonnelle mais plus pratique, pour des motifs moins avouables… (la fenêtre faisait beaucoup moins de bruit pour « faire le mur » que le bruyant escalier du grenier), et j’occupe depuis bientôt trois ans la chambre de mon papa disparu…
De tous temps, la Villa Rose d’abord, et plus tard, au fur et à mesure des mariages et des naissances, le Chambon sur Lignon, a été le point de rencontre estival de la famille. Oncles, tantes, cousins, petits-cousins, se rejoignaient sur le Plateau, et tous (ou presque) ont fait construire leur résidence d’été sur les berges du Lignon. C’est un rendez-vous incontournable chaque été, et une joie sans cesse renouvelée…
PS : Si vous voulez connaître un peu mieux la région, je vous conseille le blog de mon amie Danailleur, elle fait des photos remarquables. Merci à toi, Danailleur !














