Nous sommes en 1978, nous venons de rentrer en France après vingt ans de vie à l’étranger (Belgique, Espagne, Maroc), et j’entame des études un peu supérieures, après une scolarité marquée par un minimum d’efforts et un maximum de dérogations aux règles parentales…
Mon papa part à la découverte des environs de notre nouveau domicile, à pied… (nouvel adepte de la marche solitaire, ma maman s’étant mis dans la tête, à 45 ans, de passer son bac, et potassait sans relâche les cours par correspondance envoyés par le CNTE)
Peu retenu par la dizaine d’heures de cours par semaine qu’il devait assurer dans le lycée du coin, il parcourt ainsi la campagne avoisinante avec assiduité. (L’avantage de la banlieue, c’est de côtoyer les espaces agricoles qui l’entourent…) Il dialogue avec les ouvriers yougoslaves (je vous rappelle que nous sommes en 1978) qui construisent le viaduc de Sermenaz, pour échanger des commentaires (à l’époque, les blogs n’existaient pas) sur leur pays natal, où il avait vécu deux ans avant ma naissance.
Quand un jour… Passant devant une imposante maison de village habituellement close, il aperçoit dans le jardin… un véhicule rouge d’allure familière ! Ignorant superbement le panneau « Propriété privée » et celui, plus menaçant, indiquant la présence (hypothétique selon lui) d’un chien prétendument méchant ,il s’avance vers l’objet de sa curiosité, et tout aussitôt de sa convoitise…Une Volvo AMAZONE ! (pour information, Amazone était le nom que la firme Volvo avait en vain essayé d’attribuer à cette berline…)
« JE LA VEUX !!! », a sans nul doute dû penser mon cher papa à l’instant où il s’en est approché. Le propriétaire, aussitôt interpellé, lui raconte qu’elle est là depuis trois ans, que ses poules y ont élu domicile, voire foyer, et que, ma foi, au vu de la détermination de son interlocuteur, qu’il ne comprend d’ailleurs pas, il est prêt à s’en séparer pour la modique somme de … 700 francs ! ( oui, 700 francs, vous ne rêvez pas…)
Suit alors une inspection sommaire du véhicule… Par miracle, le propriétaire retrouve les clés. Vigoureusement sollicité, le moteur tousse deux fois et démarre au troisième coup de clé ! Comme si cela n’avait rien de surprenant après trois ans d’immobilité, papa conclut aussitôt l’affaire !
Deux jours après, la volvo rejoignait le domicile familial, et voici comment j’ai eu ma première voiture… ( je vous rappelle que papa en avait déjà une…).
Je vous assure que si les gens que j’ai connus à cette époque ont un souvenir plutôt vague de moi, ils se souviennent parfaitement de ma voiture !












baba
mer 03 déc 2008 19:39