Début de dimanche au château de Gleteins  (Le château de Gleteins) posté le dimanche 06 décembre 2009 16:44

Un toc toc sonore, suivi d’un bonjour éclatant de bonne humeur me tire du sommeil… « Bonjour ! C’est le petit déjeuner ! Bon appétit ! » Je sors avec effort la voix la plus cordiale, bien qu’à moitié endormie, de mon répertoire, pour articuler un faible « Bonjour….Merci ! » et referme immédiatement les yeux. La porte refermée, la pénombre règne de nouveau dans la pièce. Surtout ne pas rentrer trop vite dans le mode conscient, profiter un court instant encore des brumes du sommeil, qui se dissipent rapidement avec l’arôme du café.

Le bras sur les yeux, j’allume le néon fixé au-dessus de mon lit (la lampe de chevet trône sur le bureau hors d’atteinte), qui inonde instantanément la chambre d’une vive lumière blanche impitoyable, qui pénètre jusqu'à mes yeux fermés, vaguement interceptée par mon bras, mais néanmoins meurtrière.

Sortir du lit… Réfréner le mouvement spontané acquis pendant une cinquantaine d’années qui assure une sortie rapide du plumard par sollicitation des abdo- dorsaux-quadriceps, permettant successivement de s’asseoir au bord du lit, puis de se lever en souplesse, mais qui serait le signal pour Dame Douleur que sa proie a commis une erreur défensive et se retrouve à découvert… Favoriser une stratégie acquise depuis peu qui consiste à ramener les jambes pliées en direction de l’abdomen, rouler dos à plat pour faire tomber les jambes hors du lit, et redresser le buste, en appui exclusif sur les bras jusqu’à la position assise, se lever délicatement sur ses jambes… Attendre quelques secondes pour que le voile blanc disparaisse de devant les yeux en se tenant solidement au pied de lit… Voilà qui est fait !

Vite, direction le plateau p’tit dej, et premier rayon de soleil (malgré les rideaux encore fermés), le croissant qui trône au milieu…, éclipsant les deux sages et sévères biscottes, enfermées dans leur prison de plastique et qui n’en sortiront pas ce matin… Symbole et repère dans une semaine qui n’en finit pas d’égrener ses journées parfaitement identiques… C‘est Dimanche !!!

Le défilé du matin est singulièrement diminué. Je peux déguster mon café/croissant sans avoir à tendre mon oreille à la jeune femme chargée de prendre ma température,  les deux dames chargées de refaire mon lit passent pendant que je savoure à l’extrême ma friandise dominicale, ce qui m’évite une autre sortie du lit en trois phases pour leur laisser faire leur travail, et me garantit que je peux me recoucher sans que personne ne vienne constater (et condamner) que je me remets illico sous mes draps, dès la dernière miette ramassée, et la dernière goutte de café avalée.  

J’ai auparavant levé le volet et constaté que la grisaille régnait au-dehors, le toit luisant du château m’a assuré qu’il pleuvait, bref, l’envie de sortir a fui irrémédiablement avant même d’atteindre mon cerveau. Restent les livres. (Il faudra un jour que je me penche sérieusement sur la relation de Gribouille avec les livres, espèce de fusion inconditionnelle avec un ou plusieurs personnages, une époque ou une région,  dès lors que ses antennes détectent la possibilité de concordance…) La série Angélique, finie. La série de Catherine (Juliette Benzoni), finie. Quelques romans en attendant que les derniers ouvrages des séries arrivent, et j’attaque maintenant la série du Gerfaut des Brumes, toujours de Juliette Benzoni. Les péripéties du jeune bâtard Gilles Goëlo, refusant de tout son être la volonté d’une mère (qui ne voit en lui que le fruit du péché) d’en faire un curé de campagne, m’ont séduite il y a vingt ans, et le plaisir de les lire est resté le même. Je  plonge donc dans la beauté des terres bretonnes et perds conscience du temps et de l’espace…

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Ravitaillement stomacal...  (Le château de Gleteins) posté le mercredi 02 décembre 2009 18:26

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Ravitaillement stomacal...

 

Comment ne pas aborder le sujet ? Ce sont les deux moments qui rythment la journée, autour desquels s’articulent les activités, et qui rassemblent les résidents du château de Gleteins. L’horaire du repas su soir fait faire la grimace… 18 heures 30 !! Il faut garder le fromage et le dessert pour remplir le gros creux qui survient vers 20 heures 30, et qui me fait me précipiter sur la grosse boîte de biscuits Delacre offerte par mes beaux-parents…J’avais pourtant juré que je n’y toucherais pas et que je les réserverais pour mes visiteurs…J’ai craqué au bout de deux jours.

Deux fois par jour, à 12 heures pétantes et à 18 heures 30, retentissent dans les couloirs les violons de Vivaldi. Bon, toujours le même morceau (ou début de morceau), mais je suppose que ça doit être trop long de changer de temps en temps…C’est le signal que nous pouvons nous rendre au restaurant. Toutes les portes s’ouvrent dans la minute qui suit, puis on entend les clés tourner dans les serrures, le bruit des béquilles en direction de l’ascenseur, puis les injures à l’égard de celui-ci qui affronte vaillamment le quart d’heure de pointe, mais qui ne peut pas  passer à la vitesse supérieure vu son âge avancé…D’ailleurs, il a craqué, il est en arrêt de travail depuis ce matin, et je suppose jusqu’à lundi au minimum.

Moi je prends les escaliers, ça fait partie, avec les multiples tours du parc, du début de ma rééducation fonctionnelle. J’essaie de ne pas les descendre en sautant, la substance générante de matière osseuse risquant de se mettre en grève, et les résidents que je dépasse, voyant mon corset dépasser sous mon pull, me dénoncer au médecin.

Les violons de Vivaldi retentissent une deuxième fois dans les couloirs pour stimuler les retardataires quand j’arrive dans la salle de restaurant. Ma table d’handicapée du dos est à sa place, enfin, à ma place habituelle. C’est une table de chambre, haute (vous savez, celles où l’on pose les plateaux repas quand il est interdit de se lever), avec un tabouret réglable en hauteur, monté à son maximum. Eh oui, je dois manger pratiquement debout, les fesses en appui sur le bord du tabouret. Manque de peau, la tunique que je porte glisse sur le tabouret, effet toboggan garanti ! Si je résiste à l’effet toboggan, mes pieds fixes font reculer ce crétin de tabouret, je dois chercher une autre pose. Le nombre des possibilités est très restreint, mais je trouve une solution. J’espère que mon dos sera d’accord. Pour l’instant, il est muet. Je passe la jambe droite au-dessus du tabouret, la jambe gauche restant tendue, ancrée au sol, le tabouret est maîtrisé, mais la position n’est pas des plus détendue…

Mon handicap me vaut un « service rapide ». La jeune fille chargée de servir les assiettes me guette en permanence. Dès que j’ai fini mon entrée, elle vient me demander ce que je veux comme  fromage et dessert et le plat chaud arrive dans les deux minutes qui suivent. Je vous ai dit que la cuisine assurait ! Le Grand Chef vient nous voir deux fois par semaine pour le questionnaire de satisfaction, j’écoute en silence les récriminations de mes voisines de table quant à la longueur du service (il est vrai que vingt cinq minutes entre l’entrée et le plat chaud, c’est un petit peu longuet… quand le plat chaud arrive, je termine mon café…)

Ah ! Le café... C’est d’habitude pour moi un moment privilégié, le point culminant du repas, où toutes mes papilles attendent avec impatience d’être cajolées par l’arôme fin et subtil de l’Arabica. Depuis six jours, elles sont privées de ce moment, la boisson versée dans la tasse à café, tiède, quasi froide, à l’arôme acre et corsé ne répondant à aucun des critères de base du café…D’ailleurs, je n’en prends plus. Du coup, sieste obligatoire, mes paupières se ferment automatiquement un quart d’heure après le repas…

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Dame Douleur ou l'acharnement...  (Le château de Gleteins) posté le mardi 01 décembre 2009 16:48

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Dame Douleur ou l'acharnement...

Abandonner les poursuites ? Elle ne sait pas faire !  Oublier une de ses victimes ? Elle a une mémoire d’éléphant ! Toujours à l’affut, elle guette la moindre défaillance, le moindre faux-pas, et fonce sur sa proie !

Elle a donc jugé qu’elle avait suffisamment laissé mes pauvres intestins tranquilles, avait bien noté que la dernière crise remontait à deux ans et demi, elle les a donc violemment enflammés de nouveau. Je peux vous garantir que j’ai fait sonner tous les systèmes d’alarme dont je disposais et le médecin est intervenu sur le champ. Après palpationnement, elle me dit que mon ventre est bien souple, que mes douleurs ne doivent pas provenir des intestins, et me propose du Spasfon. Je lui explique que le chirurgien qui me suit pour mes crises m’a dit, il y a deux ans, après coloscopie, que la prochaine crise risquait d’être perforante et qu’il fallait rapido aller aux urgences sous peine de péritonite. Là, elle commence à envisager qu'il y a urgence, et me prend un rendez-vous l’après-midi même pour une échographie, laquelle confirme qu’il s’agit bien d’une sigmoïdite.

En avant la valse des antibiotiques ! Deux antibiotiques à prendre trois fois par jour pour être bien sûr de trucider les petites bestioles inflammatrices qui pullulent dans mes intestins !

Vous pensiez que Dame Douleur allait s’arrêter là ? Vous rêvez ! Elle a vu que la toubib avait arrêté les anti-inflammatoires, et elle a ravivé la rancœur du psoas qui s’était vu traversé et écorché à plusieurs reprises par les instruments  qui amenaient les différentes pièces jusqu’aux vertèbres. Celui-ci n’a pas hésité une seconde ! Il a trouvé des connexions jusque dans le milieu de la cuisse qui m’envoient des irradiations dès que je la lève, a intensifié celles qui me brûlaient l’aine.

Je n’avais pas mal au dos ?  C’est du passé ! Elle a estimé que j’avais fait trop de tours de parc les premiers temps, trop monté et descendu les escaliers, et m’a attaqué dans le dos, au niveau de l’intervention !

Bref, à part l’immobilité complète, où jeux lui tirer la langue et lui faire un pied de nez, tout mouvement déclenche ses assauts. Donc, je reste allongée toute la journée, ne lui en déplaise. Finis les tours de parc,  les escaliers, muselons la diablesse !

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Le château de Gleteins  (Le château de Gleteins) posté le mardi 17 novembre 2009 19:55

Eh bien oui ! Il y a 37 photos dans mon manège ! Et tant pis pour les impatients, moi j’ai trouvé qu’elles valaient toutes le coup d’œil ! En plus,  j’ai mis les plus belles en dernier !

Vous n’en disconviendrez pas, le cadre est superbe ! C’est vrai aussi que les couleurs de l’automne n’y sont pas pour rien…Magnifique, superbe, enchanteur, mais… il ne faut que sept minutes pour en faire le tour ! Je dois marcher une heure tous les jours, faites le calcul ! Neuf tours par jour, je dois y rester deux mois…et je ne dois pas quitter l’enceinte du centre de convalescence pour cause d’assurances ! Donc, au bout d’un moment, le cadre devient un peu …habituel. Surtout que, malgré toutes les remontrances de multiples proches, mon regard ne quitte que rarement mes pieds (je vous ai déjà dit que j’adorais mes pieds…) quand je marche. Mais bon ! Patience…

Comment se passe une journée au château de Gleteins ? Très simple. Le matin, c’est le défilé. Une première infirmière vient me prendre ma température dans l’oreille. Puis l’équipe du restaurant (enfin, l’équipe…elles sont deux, mais elles se partagent le travail, donc je n’en vois qu’une) m’amène mon plateau petit-déjeuner. Je constate avec plaisir qu’au bout de quatre jours, elles ont noté que je prenais quatre doses de sucre, je ne suis donc plus obligée de sortir du lit pour courir après le chariot.

Tout de suite après, une deuxième infirmière vient me prendre la tension. Comme tous les matins depuis que je suis là, elle s’exclame : »Ouh la la, petite tension ! Vous ferez attention en vous levant ! » Comme je lui ai déjà expliqué trois fois que chez moi, neuf de tension, c’était normal, et qu’il fallait s’inquiéter quand j’atteignais douze, je ne dis plus rien, sinon « Au revoioioioioir, à demain ! »

Après, c’est suivant le jour : le lundi, c’est la diététicienne qui vient me faire part des divers menus de la semaine pour voir si cela me convient. (Alors elle, je lui tire mon chapeau. Le moindre de mes souhaits est réalisé : pas de féculents, pas de charcuterie, de pizzas, quiches et autres plats em-pâtés, pas de poissons ni de fruits de mer, légumes à gogo, sauces dans un petit récipient à côté de l’assiette, bref, je suis bichonnée de chez bichonnée. A la cuisine, ils assurent !)

Le mardi, une troisième infirmière vient me refaire mon pansement, le mercredi, on m’a annoncé ce matin que c’était le jour de la prise de sang. Pour les autres jours, on me l’a bien dit, mais j’ai oublié.

Tout ce petit monde vient entre huit heures et huit heures quarante-cinq. Je pense alors que je peux aller prendre ma douche et je commence à me déshabiller, enfin à enlever mon pyjama. Quelle erreur ! On frappe à ma porte et une voix on ne peut plus masculine me demande s’il peut rentrer( il faut préciser aussi que dans un centre de convalescence, c’est comme dans un hôpital, c’est tous les jours « portes ouvertes »….) Je hurle que non et fonce m’enfermer dans la salle de bains-wc pour remettre en vitesse mon haut de pyjama, avant de ressortir pour recevoir… le laveur de vitres, lequel me demande si ça ne me dérange pas qu’il fasse son boulot. Je lui réponds que non, bien sûr que non, et je me remets sur mon lit pendant qu’il officie.

Au même moment, l’équipe de nettoyage (hormis les vitres) se pointe et repart en disant qu’elle revient dans quelques instants. Mon séjour sur le lit se prolonge, mais de façon agréable, puisque je suis avec passion les aventures d’Angélique, marquise des Anges (11 volumes d’environ 400 pages chacun, on pourrait croire que ça allait durer jusqu’au bout du séjour, eh bien non ! J’en ai déjà dévoré neuf, dont cinq avant d’être hospitalisée, ce qui n’était pas malin, je l’avoue, mais je n’ai pas pu résister).

Après le départ de l’équipe de nettoyage hors-vitres, eh bien, je suis dans un passage passionnant de mon bouquin, donc il est hors de question d’aller prendre ma douche. Bref, lorsque je me lève, il est bien 10 heures et demie.

La suite dans un prochain article…

 

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Scalpel en action !  (J'adore les médecins...) posté le lundi 16 novembre 2009 15:19

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Scalpel en action !

Eh bien non, je n’ai pas explosé ! Ma tension est montée à 12, chose qui ne m’était jamais arrivée (je navigue entre 9 et 10), mais j’ai tenu bon. Les problèmes ne sont pas résolus, mais j’ai pris du recul … géographique !

Reprenons depuis le début… Le dernier article concernant ma santé en était resté à … Monseigneur Tens ! Ouoauh !  J’ai du retard… En même temps, il y avait la fin de saison de Percute à suivre… C’est qu’il est allé se confronter aux cracks dans la cour des grands, mon petit bonhomme !

Mais revenons à nos moutons. Le séjour  chez les commandos, au cours duquel je me suis donnée à fond, a atteint son objectif… des muscles et des stratégies ! Mais il n’a  malheureusement pas redonné de corps à mon disque et rebouché le trou de ma vertèbre. Et la décision fut vite rapidement prise à la quasi unanimité. (Seul le médecin des Massues mettait un bémol et voulait souligner la nette amélioration constatée après le mois passé là-bas en fermant les yeux sur les deux blocages survenus au cours du séjour, tout en comprenant que l’avenir comporterait pour moi des souffrances inévitables…bref, elle enfilait son parapluie…pardon, son imperméable !)

Je suis donc rentrée à l’hôpital Jean Mermoz (il est marrant, cet hosto, non ? On voit strictement rien de l’extéroeur, les fenêtres sont bariolées de blanc, je vous assure qu’on n epeut pas le rater !)le 3 novembre, dans une chambre individuelle où j’ai flashé instantanément sur deux choses : l’écran plat HD 81 cm fixé au mur devant mon lit, et la télécommande des volets électriques… L’opération étant programmée en début d’après-midi, j’ai même pu prendre un repas léger le soir, alors que je me préparais psychologiquement depuis la veille à une soirée « ventre-vide », synonyme très proche de « martyre » ou « torture » …On m’a descendue au bloc le lendemain à 15 h 15, et gros trou noir jusqu’à 21 h 00, où je me suis retrouvée seule dans ma chambre ; Aucun souvenir de la salle de réveil où de façon logique j’aurais dû me réveiller !  Vague impression d’un médecin me disant que tout s’était très bien passé, était-ce mon charmant chirurgien ou le gentil anesthésiste, point ne sais-je. Et gros dodo.

Le lendemain soir, j’ai fait le point sur les divers messages que m’envoyait mon corps. Il se déclarait tout d’abord absolument satisfait de la qualité de ce qui était rentré par la bouche à trois reprises pendant la journée. Puis il s’est montré indigné par les hématomes dont mes bras étaient recouverts au niveau du pli du coude et autour du nombril, et qui prenaient une vilaine couleur violet-vert-jaunasse, mais a reconnu que le surjet interne faisait une très jolie cicatrice, fine et sans boursouflures.

Puis il s’est brusquement tu, et j’ai compris son trouble : il allait attaquer les plaintes concernant les douleurs, qui auraient logiquement dû le tourmenter après l’intervention, mais ne trouvait pas matière à se lamenter !

« Allons, se disait-il, un scalpel affuté t’a ouvert le ventre, des doigts se sont introduits et ont frayé un chemin jusqu’à ta colonne vertébrale pour y amener tout un attirail de bricolo et le fixer avec des vis, en titane d’accord, mais des vis quand même, après avoir retiré le peu qui restait de ton pauvre disque, et mis en place un truc en carbone autour duquel il y a  une substance qui soi-disant génère de la matière osseuse, et tu n’as PAS    DE   DOULEURS !!! C’est un rêve, tu vas obligatoirement te réveiller, ce n’est pas possible !!! »

Il a eu beau me sommer d’arrêter les drogues, faire refaire le scanner corporel par mon cerveau cette fois-ci tout à fait opérationnel, toujours pas de douleurs ! Il n’a eu de cesse dès lors à me tourmenter jusqu’à ce que je le sorte du lit et fasse quelques pas, en équilibre précaire, mais qui m’ont menée jusqu’à la salle de bains. Toujours pas de douleurs !

Elles sont quand même arrivées…Mais pas où on les attendait !  Dans le pli de l’aine, et sur le haut de la cuisse gauche. Et quand je dis des douleurs, ce sont des vraies !  Style coup de poignard dans l’aine, et brûlure au fer rouge sur la cuisse. Interrogé, le chirurgien me dit que c’est normal, que pour parvenir à la colonne, il fallait passer à travers le psoas, muscle profond, qui manifeste son déplaisir… de façon déplaisante !!

Deux fois par jour, un kiné venait me faire faire de l’exercice, enfin, de l’exercice… Il me prenait solidement par le bras, genre pour s’assurer que je n’allais pas tomber, et on parcourait ainsi les 25 mètres du couloir aller-retour. Puis il me demandait si je n’étais pas fatiguée…Le deuxième jour, il me fait faire une fente avant, puis deux, puis trois sur chaque jambe, puis me dit que ça suffira pour l’instant. Le troisième jour, il m’emmène dans les escaliers et me demande si je me sens de descendre et remonter un étage. Alors là, je me suis permis de lui dire que quatre mois auparavant, je me tapais mes 21 étages montée-descente tous les jours avec 6 kg dans un sac à dos, et que bon, j’étais un peu flagada maintenant, mais que…Ah ! il dit, vous avez fait les commandos ! Bon, je me fatiguerai avant vous dans les escaliers, on va papoter un peu et je vous ramènerai…

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