Pour vous, mes amis, de très bonnes fêtes!  (Perso) posté le jeudi 24 décembre 2009 10:26

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Pour vous, mes amis, de très bonnes fêtes!
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Bruitage au château ...  (Le château de Gleteins) posté le mercredi 23 décembre 2009 19:28

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Bruitage au château ...

C’est fou ce que le fait d’être clouée au lit 23 h30 sur 24 nous fait découvrir certains aspects de notre environnement qui nous échapperaient totalement dans des conditions normales. C’est ainsi que j’ai été amenée à percevoir et analyser dans son intégralité le bruitage qui m’entourait jour et nuit au château, et qui m’avait échappé quand je pouvais encore galoper dans le parc, ou descendre et remonter mes 3 étages pour rien, juste pour rester en forme, comme le chirurgien me l’avait recommandé.

Il faut savoir tout d’abord que le couloir des chambres est très long, il y a 18 chambres à l’étage, donc une distance de couloir égale à 9 chambres, et qu’il est doté d’une caisse de résonnance digne d’un studio d’enregistrement. Le moindre petit bruit y est multiplié par dix. Lorsque les dames de la cuisine amènent le chariot des plateaux, on dirait l’arrivée du TGV de Marseille (pourquoi celui-là plutôt que celui de Paris, aucune idée, aucune d’entre elles n’a l’accent de Marseille…)

 J’ai commencé par établir la différence énorme qu’il y avait entre le toc toc de la demoiselle qui m’apporte le petit déjeuner et celui de l’aide-soignante qui vient me prendre ma température. Cette différence est en effet très importante, elle me permet de savoir si je vais devoir allumer le néon de la chambre ou pas (vous savez, celui qui m’envoie ses rayons blancs meurtriers directement dans les yeux !) : si c’est l’aide-soignante, je ne l’allume pas, la lumière du couloir lui suffit pour trouver mon oreille, comme elle-même me le dit. Mais si c’est pour le petit déjeuner, il en faut plus, et je dois donc allumer le néon. Vous voulez peut-être maintenant savoir la différence, non ? Eh bien, le toc toc de l’aide soignante est plus doux que celui qui annonce le petit déjeuner, et il y a un petit temps d’attente avant qu’elle ne rentre dans la chambre, tandis que le toc toc de la dame de la cuisine est plus vigoureux, et l’entrée dans la chambre se fait simultanément.

Si le bruit du toc toc ne suffisait pas, je dispose d’un autre moyen de les différencier, toujours grâce à l’analyse attentive du bruitage environnant. Il n’y a qu’à écouter les « bonjour ! » de ces dames. Il m’est apparu que l’une proférait un  « booooooonjour ! »  qui, musicalement, tenait du sol-do, où le sol était une ronde (note tenue sur 4 temps) et le do une blanche (note tenue sur deux temps), tandis que le  «bonjouuuuur ! » de l’autre se représentait avec un  do-sol, le do étant une blanche, et le sol une ronde.

D’autres particularités me sont apparues tout au long de la journée. Le toc toc des dames chargées de faire le ménage est précédé d’un bruit de plastique, celui d’un sac que l’on déplie, qui correspond au sac de la poubelle du bureau, la première chose que font ces dames en arrivant étant de le changer. Il m’est par contre impossible de différencier le toc toc de la dame de l’accueil qui m’apporte mon courrier de celui de l’aide-soignante qui vient me prendre la tension. J’ai vraiment essayé de les analyser soigneusement, mais sans résultat.

Par contre, je sais parfaitement distinguer le bruit des béquilles de celui des déambulateurs .Je n’ai pas grand mérite, c’est relativement facile. Le bruit des béquilles se décline sur un ti-ti-ti-ti régulier, sur 4 temps, tandis que celui du déambulateur le fait sur 8 temps : TO-silence-ti-ti-silence-TO, le silence correspondant au moment où le déambulateur se déplace et ne touche donc pas le sol.

Je suis également capable de dire, ce qui est d’un intérêt crucial, si la chasse d’eau que j’entends est celle de la 317, de la 316,315,314,312,311 ou de la 310 (Celle de la 309 est très peu audible). J’ai en effet pu enregistrer dans mon disque dur, dossier « bruitage nocturne » la variation du volume dé-crescendo du bruit des chasses d’eau due à l’éloignement. Je sais aussi que le bruit de la chasse d’eau des chambres 316,315,311 et 310 sont suivies du bruit de l’eau coulant dans le lavabo (très différent du bruit de la chasse d’eau), alors que c’est le silence après la chasse d’eau dans les chambres 317,314,313,312 et 309. (Tiens ! Il y a une majorité de gens sales, cette semaine ! Ce n’était pas le cas la semaine dernière…)

Bon ! Vous avez compris, j’espère, que je n’ai rien de passionnant à vous raconter, que les journées se passent l’une après l’autre, identiques, bâties sur un modèle uniforme, sans aucune autre variation que le croissant dominical…

Par contre, j’aurai la visite, vendredi, de Serge, ses parents, Rudy et les filles. Cela ne différencierait pas des autres jours de la semaine (à part la difficulté qu’il y aura de tous les installer dans ma chambre qui ne dispose que de d’un fauteuil, une chaise et un pouf pour s’asseoir, donc pour trois personnes, plus le tabouret  haut que je ne conseille à personne…), s’ils ne venaient que pour me voir et discuter. Ce qui n’est pas le cas. Ils m’amènent la bûche et … le champagne !!!

Enfin, dimanche, c’est le grand jour. Confirmation est arrivée aujourd’hui, le gentil médecin du centre a autorisé la sortie de dimanche. Gribouille a rendez-vous avec son carrosse (un carrosse nouvelle génération, blanc bordé de bleu, avec une lumière bleue au-dessus du toit, et doté d’un puissant cor pour faire se disperser les manants qui baguenaudent sur la route) à 9 h 30 précises dans le hall du château, où des serviteurs viendront l’étendre sur une banquette sur roulettes, avec des pieds qui se replient, et l’embarqueront dans le carrosse direction chez sa môman chérie.

Gribouille va donc festoyer au domicile maternel, se régaler de la cuisine maternelle, allongée sur un divan, et servie par des gentes demoiselles nommées Laurine et Marina, ses grandes chéries. A la romaine, quoi ! Elle va aussi profiter de la rare présence de son Aixois de frère, qu’elle ne voit pas plus de 4 fois par an. Mais attention ! La gentille fée a dit : « A 17 h 30, le carrosse reviendra te chercher. Sois précise car à 18 h, si tu n’es pas au château, le carrosse redeviendra courgette, la banquette banane et tu pourras dire au revoir aux éventuelles futures perms. »

Gribouille est aux anges et vous présente 1000 pardons pour avoir été, encore une fois, trop longue…

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Gribouille est zombie...mais Dame Douleur est vaincue!!!  (Le château de Gleteins) posté le vendredi 18 décembre 2009 21:06

 

 

Hi hi hi ! Pendant que tout (ou presque) le département est sous la neige, le château de Gleteins est au soleil ! C’est’y pas beau, ça ? Bon, allez, j’avoue… A l’heure où j’écris ce petit (euh …si j’y arrive…) article, le ciel est uniformément gris et des flocons minuscules commencent à tourbillonner devant la fenêtre, trop légers pour tomber plus rapidement.

Il est 14 h 35, je viens de sortir d’un état bizarre de « sommeil éveillé », à savoir un état de conscience parfois interrompu par une déconnexion cérébrale qui m’entraîne dans un autre environnement, en présence de personnages connus ou non, dans uns situation qui n’a rien à voir avec la situation actuelle (je crois qu’on appelle cela un rêve) qui s’interrompt rapidement pour me faire  revenir dans l’état de conscience précédent. C’est un état dans lequel je me retrouve souvent dans la journée, qui ne me plaît pas, qui me dénature. Je ne suis plus moi puis trois jours…

Je fais le bilan des deux semaines qui viennent de s’écouler…Au début de cette période, j’étais dans un état qui me satisfaisait tout à fait : je savais exactement les mouvements qui provoquaient les assauts de Dame Douleur (malgré la présence prétendument protectrice de M. Corset…), donc je les évitais, et tout allait bien.

Puis, sournoisement (de toute façon, la sournoiserie  est le pilier de sa personnalité, associé à la traîtrise, l’opportunistéisme et la méchanceté…), Dame douleur a commencé à enflammer mon dos petit à petit, a embrigadé son fidèle complice qui n’a pas paré ses attaques alors que c’était son boulot, qui a ajouté ses petites tracasseries personnelles sous forme de douleurs supplémentaires au niveau de la hanche droite. Vous vous rappelez quel est le gros défaut de M. Corset, à part son côté possessif ? Non ? Bon, ça fait trop longtemps que je vous l’ai présenté, et je vous ai peut-être embrouillé la tête avec mes tartines de détails… Eh bien, c’est la rancune ! Comme la vengeance est un plat qui se mange froid, il exprime maintenant sa rage d’avoir été enfermé dans un placard pendant cinq mois, alors qu’il était en pleine idylle avec moi depuis le mois de février. Que voulez-vous, je ne peux en aucun cas l’enlever pendant une période de trois mois, donc quoiqu’il fasse, il me serrera toujours dans ses bras, et sa complice œuvre vigoureusement de son côté, il s’est dit que c’était le moment idéal pour accomplir sa vengeance.     

Ils ont tellement bien travaillé tous les deux qu’ils arrivés une nuit à m’empêcher de dormir. Et là, j’ai dit stop !!! Vous savez, les petits comprimés que je n’aime pas parce qu’ils annihilent les effets des assauts de Dame Douleur, l’empêchant de délivrer son message d’ « alerte, dysfonctionnement !», eh bien j’ai fait appel à eux ! Et à haute dose ! De toute façon, le message d’alerte avait été délivré, analysé, et le seul traitement étant le repos, il devenait inutile de supporter héroïquement des douleurs qui avaient l’insolence de prétendre m’empêcher de dormir. C’était supportable la journée parce que j’étais occupée et qui je n’y pensais pas, mais la nuit (en principe…) est le moment consacré à la récupération des efforts fournis dans la journée, sonne l’arrêt de toute activité physique ou cérébrale, ordonne au marchand de sable de se mettre au boulot, et rapido !  Or le sable n’est pas de taille devant les assauts de Dame Douleur, même si M. Corset est viré la nuit (ce qui crée tous les jours une nouvelle rancune), il devenait impossible de trouver M. Sommeil, l’homme de mes nuits…

Le médecin qui me suit au centre et qui n’a pas encore compris pourquoi j’avais viré les Dafalgan, Topalgique et autres agents masqueurs de mon traitement (je les entassais sur le bureau, bien en vue, tous les jours, en répétant chaque jour à l’infirmière de les récupérer, ce qu’elle ne voulait pas entendre), ne fit aucune difficulté à me re-prescrire des antalgiques, qu’il choisit après une conversation avec mon chirurgien (il l’ a eu tout de suite en ligne, alors que j’attends depuis mardi qu’il me rappelle !! Faudra que je lui dise deux mots…).Celui-ci lui a confirmé que les douleurs étaient dues au fait que j’étais impossible à mettre au repos, « je connais bien Madame Gribouille, c’est une bombe ambulante, elle ne peut contenir son énergie, et quand je dis de marcher et de monter-descendre les escaliers tous les jours, elle a dû essayer d’atteindre l’objectif que je lui ai fixé le plus vite possible, et comme les antalgiques lui masquent la douleur, elle a dépassé les limites. De toute façon, il faut attendre au repos que les douleurs diminuent, je la reverrai le 4 février, et j’aviserai à ce moment-là » .Puis il a confirmé sa prescription d’un séjour au centre jusqu’à la date de la consultation. Le médecin du centre m’a rapporté fidèlement ses paroles, et a conclu qu’il me garderait donc jusqu’à début février.

Le jour suivant, j‘ai dormi la moitié de la nuit et j’ai dû appeler l’infirmière de nuit pour avoir un rab de masqueur , Dame Douleur ayant repris du service. Le médecin, revenu le lendemain pour avoir des nouvelles, a donc modifié encore une fois son ordonnance, et j’ai dormi la nuit suivante comme un bébé. Par contre, quand j’ai voulu sortir du lit, j’ai vu tourner les murs de la chambre, les nuages ont envahi ma tête, j’ai dû m’accrocher au pied de lit pour ne pas tomber, et j’ai dû attendre un moment avant de pouvoir gérer moi-même mes déplacements. Vu que le  sol est entièrement recouvert d’un lino (plus facile à nettoyer que la moquette…), j’ai dû conclure que cette défaillance était bien le fait de ces diables de cachets  et que je n’avais pas le choix : subir les attaques de Dame Douleur ou me transformer en semi-zombie…

Le choix a été vite fait. Gribouille se transforme en zombie dès qu’elle veut mettre pied à terre, c’est-à-dire à de nombreuses occasions dans la journée (je vous laisse deviner lesquelles), l’affichage digital de l’appareil à prendre la tension affiche 9 ce matin. Elle a aussi des moments où il lui semble qu’un démon invisible lui ferme les yeux de force pour la mettre dans ce fameux état de « sommeil éveillé ». Mais …elle dort toute la nuit, Dame Douleur est vaincue ! Victoire !!!

Bon, euh…. C’est décidément impossible de faire short…

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Fin de dimanche au château de Gléteins  (Le château de Gleteins) posté le vendredi 11 décembre 2009 20:06

 

Eh bien…ce fut la sieste ! Je ne sais pas, parmi la vingtaine  de cachets que je prends quotidiennement, quel est celui qui vient sournoisement m’attaquer depuis quelques jours à tout moment de la journée, et principalement après le repas de midi (qui est traditionnellement l’heure de la sieste), mais mes paupières se sont faites très très lourdes d’un coup…  J’ai bien fait une tentative pour reprendre le cours des aventures du Gerfaut, mais il était écrit que je m’abandonnerais au bien-être du sommeil… Le chevalier de Tournemine, à l’endroit où je reprenais ma lecture, venait de se faire tuer à l’occasion d’une évasion ratée, et ressuscitait, avec la complicité du Roi,  sous l’identité de John Vaughan, corsaire marin américain. Le séjour  obligatoire chez le comédien Préville, auteur de la transformation, se faisait un peu longuet, n’offrant que peu d’intérêt, et les bras de Morphée sont venus me cueillir doucement mais fermement pour m’emmener dans le monde des rêves.

L’agressivité féroce de M. Chirurgien (curieusement, son prénom avait changé, il ne s’appelait plus Charmant dans mon rêve…), qui allait, malgré mes efforts désespérés pour l’en empêcher, me plonger dans le sommeil artificiel de l’anesthésie générale pour m’amputer de la jambe gauche, responsable d’horribles douleurs dont il n’arrivait pas à trouver la cause (aux grands maux, les grands remèdes), m’a fait réintégrer avec brutalité le mode conscient. J’ai voulu bouger ma jambe gauche pour m’assurer que tout cela n’était qu’un horrible cauchemar, et la violente douleur qui en a résulté instantanément m’en a convaincue…

Coup d’œil à ma montre…15 h 45. J e sentais bien qu’il me faudrait pas grand-chose pour un nouveau câlin avec Morphée, mais l’idée ne me plaisait pas (Le correcteur grammatical de M. Word, cette fois-ci, a dû abuser de la moquette, car il me souligne en vert « sentais » pour me proposer « sentaient », conjugué avec « je »…Je vais lui suggérer de prendre des vacances…)  D’un autre côté, l’étreinte de M. Corset qui m’était imposée dès que je quittais la position allongée n’avait rien d’enthousiasmant, tout au contraire. Mais ma mémoire, au lieu de me faire défaut comme elle s’appliquait à le faire depuis quelque temps, avait décidé de me trahir, et m’a soudainement remis en tête une petite affichette, collée à côté de l’ascenseur, informant les résidents d’une exposition-vente de bijoux fantaisie et de maroquinerie dans le grand salon du château, l’après-midi du dimanche. Quand je dis trahir, c’est même de la haute trahison, passable de la potence !   Mme Mémoire ne me laissait pas oublier généralement que mes réserves financières étaient au plus bas lorsque c’était le cas, et me  l’a volontairement masqué momentanément ! (à moins que je l’aie muselée non moins volontairement …)

Toujours est-il  que j’ai envoyé balader Morphée, je me suis laissée étreindre par M. Corset (dont je n’ai que peu serré les scratch, personne n’ayant jamais poussé le contrôle du respect des consignes jusqu’à vérifier le bon ajustement de ces engins de torture), j’ai enfilé mon manteau, et direction le grand salon ! Bien évidemment, Dame Tentatrice (encore une autre diablesse), était présente sous la forme d’une voisine de table avec laquelle j’avais sympathisé, copine de la vendeuse de bijoux, et qui ne m’a pas quittée d’une semelle avant que je n’aie acheté non pas un, mais deux colliers !  (dont je n’avais nul besoin, ayant fait l’acquisition tout à fait récemment, puisque c’était la coiffeuse du Château de Gléteins qui les vendait, de deux colliers magnifiques…Ma mounette, tu es priée de la mettre en sourdine ! Tu ne crois tout de même pas que je ne t’entends pas hurler d’amers reproches à la lecture des folies de ta chère progéniture ?)

J’ai regagné ma chambre tête basse, mortifiée par ce manque de volonté caractéristique devant Dame Tentation, sollicitée à plusieurs reprises, sur le chemin du retour, par la curiosité des dames qui papotaient dans le salon attenant et donc à l’abri de cette diablesse sournoise, et qui voulaient absolument voir les objets provenant de la salle interdite sans avoir à subir les assauts de ladite diablesse. Je n’ai nullement été réconfortée par leur admiration devant les créations absôôôôôôlument originâââââles dont j’avais fait l’acquisition.

Une fois dans ma chambre, j’ai porté l’ultime estocade à mon moral en ouvrant la-banque-de-Gribouille-en-ligne.com, et estimé à quelle profondeur du niveau de l’eau se situaient mes finances,  s’il devenait urgent de leur procurer une bouteille d’oxygène, où si leur capacité leur permettait encore de rester en apnée…Je ne vous communiquerai pas mes conclusions, cela ne vous regarde pas !

17 heures…Pink Floyd, en entonnant « Wish you were here » sur mon téléphone portable, m’a brutalement rappelé que c’était l’heure d’absorber mes petites ampoules d’oligo-éléments dont la prise  méticuleusement régulière m’assurait la perte de mes kilos superflus. Je les ai pris sans enthousiasme, tout comme j’ai repris sans conviction ni intérêt les aventures du cher Gilles, dont je me suis aussitôt évadée…plongée dans une bataille coléreuse contre moi-même, faite d’auto-accusations de faiblesses qui se multipliaient depuis l’arrivée au château…

J’ai été sortie de ce marasme par l’envie irrépressible d’essayer mes colliers avec les quelques tenues originales que j’avais apportées au château pour me faire plaisir. Aussitôt pensé, aussitôt fait ! Et en avant la valse des tuniques coton, voile, soie, des leggins noir, gris, taupe, des marcels façon maillot d’athlétisme, des pantalons Freeman T. Porter,  le Temps des Cerises (héritage de mes filles), pour déterminer quelle tenue allait avec quel collier…

Rien de tel pour chasser auto-accusations, culpabilité et idées noires ! Et vive la vie, vivent les belles choses, à bas les frustrations et les mélancolies !

Tiens ? Pink Floyd à nouveau ? C’est déjà 18 h 25 ? Ben mince alors ! Même pas vu passer l’temps ! Ben voyons ! Les violons de Vivaldi, maintenant ! Tant pis, pas le temps de ranger, faut y aller…Je prends quand même une ampoule de …quel jour on est ? Dimanche ?  … une ampoule de manganèse, que je garde exactement 30 secondes sous la langue avant de l’avaler, les comprimés du soir dans mon pilulier, la clé de ma chambre et hardi, petit, direction les escaliers !

Le repas expédié à une allure record (de toute façon, jambon-purée surgelée à l’eau, ça ne se déguste pas, on l’engouffre), j’embarque mon yaourt nature, et prétextant une nouvelle douleur survenue dans l’après-midi, je prends congé des mes co-tables  pour regagner rapidement ma chambre. Il faut maintenant ranger tous les vêtements jetés à la vache sur le lit avant de se déshabiller pour s’enfouir dans le lit, tête relevée, et se replonger enfin dans les aventures du Gerfaut.

Tiens, il faut absolument que je dise à la voisine du dessous de décrocher son téléphone quand elle quitte sa chambre. Il y a quelqu’un qui l’appelle uniquement quand elle est au restaurant, et qui fait sonner sans répit pendant un quart d’heure, s’interrompt sans doute le temps de fumer sa clop, et reprend illico son appel. Cela est très très très agaçant, je n’arrive pas à me concentrer sur ma lecture que j’abandonne le temps que ça se calme. J’allume l’ordinateur pour lire mes mails (40 pubs pour 2 messages privés…c’est à peu prés la même proportion tous les jours). Des mauvaises nouvelles, bien évidemment, pour bien terminer la soirée. Je vais ensuite sur mes blogs et retrouve ma bonne humeur instantanément (je me félicite une fois de plus d’avoir institué cette stratégie intelligente, génératrice de bien-être, à savoir de 1) lire mes mails et 2) aller sur mes blogs, et non l’inverse.) Commentaires, messages, tous chaleureux, pleins d’humour la plupart du temps, parfaitement adaptés à mon humeur du soir.

Le temps passe rapidement …Une fois mes commentaires validés, mes messages lus, les publications de mes amis lues et commentées, les blogs de mes visiteurs inconnus explorés, je cours rejoindre mon ami Gerfaut dans sa poursuite de Judith, cette sotte qui se retrouve à chaque fois dans des situations inextricables au lieu de vivre en paix son bonheur avec son cher et tendre. Remarque, je me dis que le bouquin n’aurait aucun intérêt sans toutes ces péripéties, et que le talent d’un auteur est d’imaginer l’inimaginable pour tenir ses lecteurs en haleine tout le long de son œuvre, tout en pondant le plus d’épisodes possibles. Pour ça, Anne et Serge Golon sont les champions, la série d’Angélique, marquise des Anges comportant 12 tomes d’environ 500 pages chacun ! Bon, d’accord, ils sont deux… Mais ça fait quand même 6 tomes chacun !

Ouh la la ! C’est déjà minuit ! A bientôt, les amis !

Rrrrrrrrrrrrrrr Pzzzzzzzzzzzz Rrrrrrrrrrrrrrrrrrrr Pzzzzzzzzzzz

PS.  Ayez la gentillesse de m’alerter (par message privé s’il vous plaît) dès lors que la longueur ou l’intérêt de mes productions vous amène à zapper la fin ou émettre les bruitages ci-dessus, ce qui serait dommage…

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Suite du dimandhe au château de Gleteins  (Le château de Gleteins) posté le mardi 08 décembre 2009 19:45

 

 

La sonnerie stridente du téléphone me prive de savoir si Judith a été ou non enterrée vivante par ses brutes de frères. 9 h 05…C’est, un peu anticipée pour cause de dimanche, l’heure de l’appel quotidien de ma Mounette (le correcteur grammatical de M. Word 2007, qui me reproche le féminin du mot « anticipée » en le soulignant en vert, doit avoir fait la bringue hier soir, et n’a  pas repéré la virgule après « c’est », et donc pas vu la finesse de l’apposition de l’adjectif au nom auquel il se rapporte, « heure », du genre, sans contestation possible, féminin).

Suivent à peu près vingt minutes de conversation (les jours de semaine, cette durée avoisine les trois quarts d’heure…) destinées à mettre ma môman au courant de la moindre petite attaque supplémentaire de Dame Douleur, et l’avancement de la demande de divorce d’avec M. Corset. Celui-ci m’a de nouveau été imposé d’une façon catégorique par la loi, en la personne du procureur M. Charmant Chirurgien, et ce pour une durée minimale de trois mois. La date de l’audience a été fixée au 4 février, exactement 3 mois après l’opération.

Après avoir fait le compte-rendu détaillé et commenté des visites du samedi, qui se résumaient à celle de mes beaux-parents, écouté avec attention le cahier de doléances de Mme Mère à l’encontre de ses locataires, nous procédons à de nombreuses embrassades téléphoniques avant de clore la conversation.

Je me replonge avec avidité dans les aventures du Gerfaut et découvre avec émotion que Judith a été sauvée in extremis de cet horrible sort par le secours d’un témoin opportunément perché dans un arbre, qui, aussitôt les frères criminels disparus,  a fait appel aux résidents du château voisin pour déterrer la malheureuse. celle-ci a d'ailleurs disparu sans laisser d’adresse après avoir été remise sur pied par les gentils châtelains. Elle a dit quelque chose qui laissait à supposer qu'elle avait de meilleures chances de se cacher à Paris qu'ailleurs (obligation pour le narrateur de laisser un indice pour la quête du héros…).

Un toc toc vigoureux, suivi de l’entrée fracassante des dames qui vont procéder au ménage dans la chambre, m’annonce qu’il est temps pour moi de me bouger le popotin, ne serait-ce que pour échapper au regard indigné de ces dames… Je m’isole donc dans la salle de bains, et booste ma circulation sanguine par une douche brûlante, que je coupe de temps en temps pour m’enduire de Dove puis le rincer, et surtout guetter le  moment où ces dames vont demander l’accès à la salle de bains pour y faire leur travail.

A peine recouchée ( !) et replongée dans les inextricables délires amoureux de Gilles de Tournemine avec la princesse des Asturies, qui risquent fort de l’amener aux mains de l’Inquisition, donc directement au bûcher (Ah ! Ces hommes !  Pas moyen de maîtriser la bêbête qui frétille en permanence en-dessous de la ceinture…), un nouveau toc toc (tiens, tout le monde est venu, il me semble !), bien plus discret, la porte qui s’ouvre et se referme immédiatement (C’est pas quelqu’un de la maison ! Ils laissent toujours la porte ouverte tant qu’ils sont dans la chambre...), et apparition de mon cher et tendre, tout sourire, qui me tend un petit sac d’où sort un je ne sais quoi me rappelant la chaude ambiance d’une boulangerie, provenant, après coup d’œil, d’un croissant et d’un petit pain au chocolat…

Surprise ! Je ne l’attendais pas aujourd’hui, il devait préparer avec les membres de Percafcal une animation musicale pour les illuminations, à Saint-Priest, mardi soir. Je l’embrasse d’autant plus tendrement qu’il a dû renoncer à sa grasse mat’, la seule de la semaine, pour venir me voir ce matin (une heure et demie de trajet aller-retour, quand même !), et nous descendons au distributeur pour prendre un café et déguster nos gourmandises respectives, tout en discutant des préparatifs pour mardi soir. Le gros problème est de trouver quelqu’un qui filme pour que je puisse profiter moi aussi (et vous en faire profiter !) de cette soirée où je serai absente, bien malgré moi.

Les violons de Vivaldi interrompent notre conversation, Serge remonte dans son Trafic pour prendre le chemin du retour, et je me dirige vers le restaurant en traînant les pieds…

Je n’ai plus d’entrée depuis que je suis au régime sans résidus (par ma faute puisque j’ai fini par refuser les sempiternelles tranche de jambon à midi, et soupe de vermicelles à l’eau le soir, que l’on me servait systématiquement…), j’ai donc attendu avec impatience le plat du jour, qui est arrivé très rapidement. Steak haché / purée… Bon, d’accord ! Mes compagnons de table avaient des moules / frites, choses qui figuraient l’une et l’autre dans les aliments que j’avais moi-même écartés de mes menus…Mais j’aurais bien vu dans mon assiette une cuisse de poulet ou du ragoût de veau, accompagnés de  l’une de ces excellentes sauces dont nous gratifiait quelquefois le chef ! Peu importe !

J’ai mangé mon steak avec juste ce qu’il fallait de purée pour l’accompagner (ma ligne !!!), suivi d’un fromage blanc, j’ai abandonné mes compagnons de table qui attaquaient leurs moules/frites (non pas que leur compagnie me soit désagréable, mais pour soulager mon dos qui s’accomodait mal de la position sur tabouret haut), et regagné ma chambre après avoir pris un café au distributeur.

Là, j’ai ouvert le tiroir aux gourmandises, et fait la grimace en constatant qu’il ne me restait que deux des excellents chocolats, cadeau d’amis venus me rendre visite il y a une quinzaine de jours (vous admirerez la parcimonie avec laquelle j’ai dégusté ces délicates friandises, qui, en temps ordinaire, n’auraient pas résisté plus de deux ou trois jours à mes fringales du soir…). Ils ont accompagné, en masquant son manque de subtilité, la boisson à base de grains de café crachée par le distributeur dans un gobelet blanc.

Sieste ou gerfaut ? Vous le saurez la prochaine fois !

 

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