Voici venuuuu, le temps des vac..., zut, des voeux !  (Perso) posté le samedi 02 janvier 2010 18:02

            L’humour dans les vœux, c’est difficile… Il faut vraiment bien connaître la personne à laquelle on formule ses vœux sur ce mode-là. Les vœux sérieux, ça me demande un effort intellectuel que mes neurones shootés sont incapables de produire. Alors, je vais vous livrer tel quel un petit texte qu’une amie m’a envoyé (pour me présenter ses vœux …), écrit par Charlie Chaplin, et que j’ai beaucoup apprécié, et qui pour moi , est une sérieuse avancée vers le bonheur. Et comme je vous souhaite beaucoup de bonheur…

            Je vous ai concocté également un flick (j’adore les flicks) où j’ai fourré en vrac tout ce qui pour moi est important dans la vie, tout ce que je vous souhaite à tous. J’ai certainement oublié plein de choses, mais bast !

Le jour où je me suis aimé pour de vrai ... 
 
 ...j'ai compris qu'en toutes circonstances, j'étais à la bonne place, au bon moment. Et alors, j'ai pu me relaxer. 
Aujourd’hui je sais que ça s'appelle..... Estime de soi ... 
 
J'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n'étaient rien d'autre qu'un signal quand je vais contre mes convictions. 
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle..... Authenticité ... 
 
J'ai cessé de vouloir une vie différente et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive contribue à ma croissance personnelle. 
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Maturité ... 
 
j'ai commencé à percevoir l'abus dans le fait de forcer une situation ou une personne dans le seul but d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment... Aujourd'hui je sais que ça s'appelle..... Respect ... 
 
j'ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m'était pas salutaire : personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. 
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Amour propre ... 
 
j'ai cessé d'avoir peur du temps libre et j'ai arrêté de faire de grands plans, j'ai abandonné les mégaprojets du futur. Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime, quand ça me plaît et à mon rythme. 
 Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Simplicité ... 

 
j'ai cessé de chercher à toujours avoir raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. 
Aujourd'hui j'ai découvert .... Humilité ... 

j'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir. Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd'hui je vis une seule journée à la fois. 
Et ça s'appelle.... Plénitude ... 

j'ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient un allié très précieux. 
Tout ceci est.... Savoir vivre 
 
Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter... ...Du chaos naissent les étoiles. 
 
 Charlie Chaplin

Je vous avouerai que je ne suis pas totalement d'accord avec lui sur certaine définitions, particulièrement celle de l'amour-propre... Il fallait que je le dise !!!

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Le grand jour !  (Le château de Gleteins) posté le lundi 28 décembre 2009 01:06

Ce matin, mes amis, je me suis réveillée longtemps avant d’entendre les chariots du p’tit dej !  Mais non, ce n’est pas pour le croissant dominical ! Je crois que je n’ai même pas fait attention à sa bonne odeur, ni à son goût ! C’est bête, parce que je n’en aurai pas avant dimanche prochain…Mais bon ! Aujourd’hui, c’était le grand jour attendu depuis des semaines, le jour de la sortie !

Le rendez-vous était pour 9 h 30, je suis descendue à 9h28, et une civière (enfin non, pas une civière, je crois qu’ils appellent ça un brancard, chez les ambulanciers…)  m’a sauté au nez quand la porte de l’ascenseur s’est ouverte devant moi. Deux messieurs étaient devant le bureau de l’accueil, la secrétaire était en train de raccrocher le téléphone. Je l’entends me dire :

« Comment vous appelez-vous ?

-                 Madame Perrier

-                 Perrier…Agnès ? Parce qu’on en a plusieurs…

-                 Oui, Perrier Agnès.

-                 Je n’ai aucune autorisation de sortie pour vous, madame Perrier…

J’ai cru que j’étouffais. D’abord parce que j’étais habillée pour sortir dehors et qu’il faisait une chaleur moite, en tout cas pour moi, dans le hall, ensuite parce que c’était exactement le scénario catastrophe que je m’étais monté il y avait à peine une heure. Je lui ai expliqué calmement que c’était le docteur Dupont (avec « t ») qui m’avait dit mercredi matin que c’était d’accord, que je lui avais vu écrire quelque chose sur sa fiche quand je lui disais la date, et qu’il m’avait bien fait préciser que ce n’était que pour la journée, et que je revenais bien le soir. Elle dit qu’elle allait voir, et a disparu dans l’escalier. Pendant ce temps, j’ai fait signe aux ambulanciers qu’ils pouvaient m’installer sur le brancard, histoire qu’elle comprenne bien qu’autorisation retrouvée ou pas, je m’en allais pour la journée !!!

            Finalement, elle est revenue en disant que l’infirmière n’était pas celle de mon étage, vu qu’elles faisaient un roulement les dimanches, et qu’elle allait me faire signer le bon de sortie. Ah, il était bon, l’air froid du dehors ! J’aurais même supporté plus froid encore, tellement j’avais eu chaud, sens propre comme sens figuré !

            Nous sommes arrivés à Rillieux à 10 h pétantes. J’avais amené mon petit tabouret haut pour manger plus facilement, la position à la romaine ne me paraissant pas très confortable pour manger dans une assiette…Ma Mounette était toute seule, en peignoir, et m’a écrasée contre son cœur avec puissance. « Ma mine !!! » Puis elle m’a montré le grand canapé, installé contre la fenêtre, perpendiculairement à la table, sur lequel je me suis instantanément allongée. Puis elle m’a dit qu’elle allait s’habiller, m’a montré la robe qu’elle voulait mettre en me demandant mon avis. Je l’ai trouvé rââââvissante, et elle est partie se préparer, après m’avoir amené une pile de magazines, dont le « Elle » du mois. J’ai bien essayé de me concentrer sur les déboires de Brad Pitt et Angelina  Jolie (à mon avis, c’est foutu, parce que Brad s’est laissé pousser la barbe, et que dans « Légendes d’automne », c’était quand il était barbu qu’il a quitté sa jolie brune dont je ne me souviens pas du nom), mais au bout de cinq minutes, mes yeux se sont fermés et j’ai piqué un bon petit roupillon.

            Quand je me suis réveillée, mes papilles ont commencé à saliver en inhalant les effluves qui arrivaient de la cuisine. Mmmmm !!! Tout le monde commençait à arriver, on a pu rapidement passer à l’apéro. Mounette nous avait acheté du vin de paille, que nous avons dégusté avec des toasts de foie gras avec confiture de figues. Les deux grands plateaux ont rapidement été vidés, l’un des deux étant resté malheureusement un peu trop près de Serge et de moi-même…, et aussitôt, arriva sur la table la terrine aux trois poissons          avec sa sauce chantilly aux fines herbes, servie avec un Macon bien frais. Je n’aime pas le poisson, tout le monde le sait. Mais il ne s’agit que du poisson chaud ! Le poisson froid, en sauce ou en mayonnaise, c’est autre chose !Je me suis régalée. Mon assiette finie, et croyez-moi, ça n’a pas pris longtemps, je suis retournée m’étendre sur mon canapé, le temps pour Mounette de découper les cuisses de dinde, faire réchauffer les chanterelles et fignoler la sauce. Une nouvelle série d’effluves vint nous caresser les narines, et le plat chaud fut bientôt posé sur la table. Quand mon assiette fut pleine, je retournai m’asseoir sur mon tabouret haut, histoire que mon voisin se concentre sur le contenu de SON assiette, et non pas de la mienne !  Et re-dégustation… Les cuisses de dinde cuites au vin jaune, servies avec des chanterelles, dans une sauce où le vin jaune avait réduit lentement avec des échalotes et de la crème, étaient sublimes. Bien moelleuses, car cuites couvertes par le vin, arrosées régulièrement par la suite quand elles étaient au four, la saveur des chanterelles les complétant à merveille, ce fut un festival de goûts infiniment délicats !

            Je n’ai pas eu le courage de prendre du fromage, mais j’ai quand même goûté le Gigondas de 2001 qu’avait apporté Guillaume, mon frérot…, allongée sur mon canapé. C’est d’ailleurs sur mon canapé que j’ai dégusté le dessert, un gâteau glacé au praliné, recouvert de nougatine croquante, un délice ! Puis Guillaume et sa petite famille (ses quatre enfants chantent avec lui, ainsi qu’Isabelle, ma belle-sœur) nous ont brillamment interprété « Moi vouloir être chat », puis « Le lion est mort ce soir », des Pow  Wow (je ne suis pas sure de l’orthographe…), avec tous les bruitages (poum tilou,baoum, baoum, poum tilou, yiii-iii-iih yiii-iii-iih). Faut dire que Guillaume dirige un chœur de Gospel depuis de nombreuses années, et qu’il est très fort dans tout ce qui est bruitage, temps et contretemps ...

            Le temps est passé vite, trop vite, et le coup de sonnette nous a tous fait sursauter, le coup d’œil à la montre a confirmé qu’il s’agissait bien de mon carrosse, et qu’il fallait que je fasse vite, sous peine de me retrouver à cheval sur une courgette, une banane à la main sur l’autoroute…

            Les embrassades ont été rapides, trop rapides, l’ascenseur est venu vite, trop vite, et les ambulanciers m’ont installée vite, trop vite sur le brancard, puis dans le carrosse. Le trajet m’a paru lui aussi très rapide, et l’arrivée au centre quasi immédiate. J’ai réglé les frais d’ambulance (comme je savais déjà le prix, je n’ai donc pas été surprise), et suis remontée dans ma chambre. Je n’avais évidemment pas faim du tout…Mais je vais faire de beaux rêves !

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Mmmmmmm ! Il faut absolument que je vous parle du turron ( prononcer touronnn')  (Perso) posté le samedi 26 décembre 2009 20:06

Blog de gribouille :Les délires de Gribouille, Mmmmmmm ! Il faut absolument que je vous parle du turron ( prononcer touronnn')

Nous sommes cette fois à Barcelone. Gribouille a quinze ou seize ans. Avant que vous me le fassiez remarquer, j’avoue…Oui j’avoue que je vous ai déjà raconté cette vieille histoire. Mais ce n’était pas à Noël, cela faisait partie d’un autre contexte, celui du méga-tag où Gribouille développe en long, en large et en détails six aspects de sa personnalité, un tag que j’ai été doublement sommée d’exécuter par Mélusine et Mounette. Je racontais alors dans l’un des six aspects de Gribouille, à savoir ses tribulations avec son poids…Mais je suis sure que vous avez tous oublié cet article, et que ceux qui s’en souviennent feront semblant de l’avoir oublié !

Gribouille est donc à Barcelone depuis quelques années, et Mounette a constaté depuis un certain temps, qu’elle s’arrondissait de trop, et que sa silhouette devenait …bien enrobée à ses yeux. Elle avait donc fait disparaître tout ce qui pouvait être source de prise de poids : les petits gâteaux qui étaient largement distribués en rentrant de l’école, mes petits salés pour les futurs apéros, le chocolat que Monsieur appréciait tant avec son café, etc,etc,etc.

 Gribouille, désespérément en manque de douceurs, avait d’abord essayé de se débrouiller avec les moyens du bord. Les œufs n’étaient pas caloriques, donc on pouvait en trouver dans le frigo. Le sucre en poudre était nécessaire pour les yaourts et les desserts que Mounette  confectionnait les jours où nous avions des invités, le beurre était un inconditionnel dans sa cuisine, et Gribouille, dont le regard fureteur savait exactement tout ce qu’il y avait dans tous les recoins de la cuisine, avait remarqué l’endroit où elle remisait soigneusement ses alcools. Et il y en avait un que Gribouille appréciait particulièrement, dans une petite bouteille très ventrue, avec un col tout fin : le Grand-Marnier.

Gribouille est une lève-tôt. Mais il faudra se lever encore plus tôt que Mounette, qui en est une autre ! Peut lui chaut ! La faim justifie les moyens ! Levée donc à une heure où la nuit règne encore sur la grande cité catalane, elle fait chauffer du beurre dans une poêle, se coupe deux ou trois tranches de pain, selon l’appétit, fouette 4 œufs dans un bol dans lequel elle verse une bonne rasade de Grand Marnier et du sucre, tourne et retourne les tranches de pain dans le mélange et les fait rôtir dans la poêle. Peu avant qu’ils aient pris une belle couleur dorée, elle verse dans la poêle le reste des œufs battus, qu’elle brouille grossièrement. Huuuuummm !C’est bientôt prêt. Gribouille sait parfaitement  à quel moment il faut arrêter de brouiller : quand il reste un chouïa d’œuf liquide dans le bouillonnement du Grand Marnier qui, une fois réduit, fait de grosses bulles sur entre les tranches de pain bien dorées. Et là, pendant un petit quart d’heure, elle se concentre sur la diffusion par ses papilles d’un goût divin dans tout son corps… Moment délicieux, qu’il ne faut pas prolonger de trop. La nuit pâlit et Mounette va bientôt ouvrir l’œil. Vaisselle expédiée, séchée, rangée, la bouteille de Grand Marnier au chaud dans son recoin, fenêtre grande ouverte depuis l’arrivée dans  la cuisine qu’il faut maintenant fermer, direction le lit pour un dernier petit somme, l’estomac bien rempli.

Hélas, on ne trompe pas Mounette aussi facilement… Outre le fait que le niveau de Grand Marnier baissait d’une façon alarmante, ce qui n’avait pas échappé au regard affuté maternel, il subsistait le matin, quand elle entrait dans la cuisine pour préparer le café, quelques effluves non identifiables, mais provenant incontestablement de quelque chose d’élaboré au niveau culinaire. La suite, vous la devinez, Un jour, la Moune se leva plus tôt que d’habitude…

Gribouille, de nouveau en manque, reprit les visites à la superette de la résidence et se remplit les poches de ce qu’elle aimait le plus, et, ayant goûté le turron lors d’une invitation chez des amis, elle fut comblée en en trouvant au rayon friandises. Dès lors, le paquet de turron rejoignit le tube de lait concentré sucré sous son oreiller…

Comment vous définir le goût sublime du turron ? C’est unique. Je ne trouve pas de saveur propre à définir celle du turron. Je parle du turron la Jijonenca, celui qui ne ressemble pas au nougat, celui qui fond tout seul dans la bouche, en laissant juste à la fin de minuscules bouts d’amandes à croquer sous les dents…Mmmmmmm ! Quel plaisir !  Il faut absolument que je pense à demander à Mounette de m’en trouver.

Mais quelle idée a eu mon  amie Flo de faire un article sur tous les repas de Noël du monde ! J’avais oublié ce délicieux dessert que Mounette ne nous propose jamais car trop calorique (elle en raffole elle aussi). Elle va te maudire, Flo !!  Mais elle m’en achètera quand même…

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Enter le boeuf et l'âne gris  (Musique) posté le samedi 26 décembre 2009 13:05


Gribouille avait peut-être six ou sept ans quand ces soirées-là avaient commencé, dans leur appartement de Bruxelles. Chaque semaine, Papa et Mounette invitaient Guy, Philippe, André et Etienne à venir soi-disant manger chez eux. Gribouille savait bien que ce n’était pas seulement pour ça, mais elle n’était pas sensée le savoir. C’étaient de grands messieurs, très souriants, toujours prêts à rire. Ils mettaient instantanément une ambiance de fête à la maison.

Bon, Gribouille n’appréciait pas toujours le sens de l’humour de Guy…En attendant l’apéro que Papa était en train de préparer, Guy juchait en catimini SON chat Nonoche sur le lustre de la salle à manger, et retournait s’asseoir comme si de rien n’était. Et tout le monde (sauf Gribouille) éclatait de rire lorsque le pauvre animal se mettait à miauler désespérément en essayant de ne pas faire balancer le lustre. Il fallait que Mounette fasse irruption dans la salle, alertée par le bruit, et exige, avec son regard noir de colère auquel personne n’avait jamais osé s’opposer, que SON chat soit immédiatement remis à un étage inférieur. Guy s’exécutait immédiatement tout en clamant son innocence, et retournait s’asseoir sous les huées de ses camarades. Mais le signal du départ de la fête était donné. Gribouille, bouillant de rage impuissante, récupérait Nonoche et filait dans sa chambre pour le réconforter par une tonne de câlins.

Suivait l’apéro, puis le repas, amoureusement préparé par Mounette (elle les aimait, ses « garçons » !  Combien de fois Gribouille ne l’avait-elle entendue : « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire à manger aux garçons, ce soir ?  ). Et pendant tout ce temps, plaisanteries et taquineries fusaient de partout, mêlées d’éclats de rire. Gribouille revenait à de meilleurs sentiments envers Guy, qui lui montrait beaucoup d’affection. Elle participait de son mieux à l’ambiance festive en riant quand Papa riait (c’était pour elle la preuve que c’était vraiment drôle), et s’insurgeait immanquablement lorsque Mounette lançait son sempiternel «  Allez, les enfants, bisous et au lit ! ». Elle avait toujours l’impression que les adultes se débarrassaient d’eux quand les choses allaient commencer à devenir intéressantes. Mais pour Mounette, l’heure, c’était l’heure !

Une fois couchée, elle attendait un bon moment (histoire que Mounette la croie endormie), puis se levait sans bruit et allait s’embusquer derrière la porte de la salle à manger, d’où lui parvenait, le son un peu étouffé mais parfaitement audible de la suite de la soirée. Et là, elle assistait, témoin invisible, à un concert de chants sublimes, sublimement harmonisés par son papa chéri qu’elle voyait souvent dessiner des notes et des notes sur un papier comportant des portées vierges. Les voix des « garçons » étaient, d’après Papa, toutes superbes, mais Gribouille aimait par-dessus tout celle d’André, le ténor du groupe, qui lui collait des frissons de partout.

C’est l’un de ces chants, qui est de circonstances ces jours-ci, que je vous fais écouter. « Entre le bœuf et l’âne gris » est pour Gribouille le plus beau de tous depuis qu’elle l’a entendu chanter par ceux qui étaient devenus ses « garçons »…

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Noël en chambre...  (Le château de Gleteins) posté le vendredi 25 décembre 2009 20:37

Condamnée déjà la veille au concert de Johnny devant la tour Eiffel sur RTL 9, que j’avais vu déjà une bonne dizaine de fois (je n’avais pas trop le choix : jeux, dessins animés, ou concert), je me suis levée ce matin avec le sentiment que je ne supporterais pas de rester seule dans ma chambre pour le repas de Noël. Bon, d’accord, il me faudrait manger debout, mais j’aurais au moins du monde autour de moi.

Peser le pour et le contre pendant trois heures, ce n’est pas mon style. Dès 9 heures, j’avais prévenu la cuisine que je descendrais au restaurant pour le repas de midi. Mais juste pour le repas de midi !  (Les responsables de la cuisine n’ayant pas compris, depuis trois semaines, et malgré la photocopie de ce qui était autorisé et interdit dans le régime sans résidus, qu’il ne me fallait pas de fruits, je préférais mettre les points sur les « i ».C’est marrant, parce les légumes, ils avaient super bien capté, je ne mangeais plus que du riz, des pommes vapeur, des pâtes et de la semoule, mais pour les fruits, ça ne voulait pas rentrer)

Je me suis donc habillée en fille (M. Corset a disparu avec colère sous une grande tunique en voile de coton, et je suis sûre qu’il va me le faire payer !), j’ai enfilé mes bottes couchée sur le lit pour éviter l’assaut immédiat de Dame Douleur, et suis descendue dans la salle de restaurant au deuxième rappel des violons de Vivaldi, histoire de ne pas rester debout plus que nécessaire.

J’ai cru que je rentrais dans une salle de cérémonie : les tables étaient disposées en « U », recouvertes de nappes couleur framboise. Chaque couvert avait sa mandarine et ses deux papillotes, une rouge et une verte, tous les résidents s’étaient mis sur leur trente et un, c’était un vrai repas de fête ! Saumon fumé en entrée, avec sa rondelle de citron , son bouquet de mâche et sa mini plaquette de beurre, chapon en sauce accompagné de châtaignes et de haricots verts (j’en ai mangé, mais chuuut, faut pas le dire….), et un morceau de bûche pour le dessert. Trois fois plus que ce que je mangeais d’ordinaire !

Je suis sortie pour aller chercher un deuxième café au distributeur, mais aussi surtout pour bouger un peu, car, comme je le supposais ce matin, M. Corset et Dame douleur commençaient à s’en donner à cœur joie en jouant du piano sans aucune délicatesse sur les nerfs de mon dos. Je me suis entretenue un moment avec un monsieur en fauteuil qui, visiblement, n’avait pas envie de rester seul pendant qu’il fumait son cigarillo (je n’ai jamais su imposer ma volonté… Chaque fois que je tentais un timide « je vais aller m’étendre, je commence à avoir sérieusement mal au dos… », il repartait dans l’énumération des divers problèmes qui avaient ébranlé sa santé, et c’est vrai qu’il n’avait pas été gâté de ce côté-là.) En bref, il a réussi à terminer son cigarillo tout en me faisant la conversation, et n’a fait aucun problème pour rentrer et remonter dans sa chambre en même temps que moi quand il l’a eu écrasé.

Une fois dans ma chambre, j’ai envoyé valser M. Corset sur le fauteuil, en me jurant bien que quand je serai obligée de le renfiler, je serrerai à peine les scratchs. La famille n’est arrivée que deux heures après, ce qui m’a permis de profiter de la position allongée un bon moment, et commencer à digérer le chapon aux châtaignes, chose impossible lorsque je suis dans les bras étouffants de mon irascible compagnon forcé.

Vers 4 heures, donc, la chambre s’est brusquement remplie de présences multiples et de rires sans fin, tandis que mes filles me sautaient dessus et me gardaient embrassée (ancien sens du terme, à savoir ceinturée par les bras) pendant de longues minutes. Sensation merveilleuse après ma solitude des jours précédents, jusqu’au moment où le reste de la famille s’est manifestée, histoire qu’ils puissent, eux aussi, m’embrasser et me souhaiter un joyeux Noël. Après… ben après, les réjouissances, quoi ! Marina a découpé la bûche et chargé les assiettes, puis elle a ouvert la bouteille de champagne très proprement, rempli les verres, et nous avons enfin pu trinquer ensemble. Ont suivi les tracasseries traditionnelles de Serge pour ses belles-filles, les taquineries de Rudy pour ses grands-parents, dans une bonne humeur rafraîchissante. La prise de photos et les boutades qui l’ont accompagnée, ainsi que les crises de nerfs classiques pour empêcher Serge de faire le clown au moment où je voulais le prendre en photo (j’ai fini par le prendre plus tard par surprise…), ont rempli la pièce de rires et de joie pendant près de deux heures. Même M. Corset s’est mis au diapason ambiant et ne m’a pas tourmentée jusqu’au soir. (Il faut dire que, comme je me l’étais promis, j’avais à peine serré ses bras férocement tendres.)

La soirée a quand même réussi à mal se terminer…La demoiselle chargée de débarrasser mon plateau de ce soir (steak de veau haché-coquillettes nature + yaourt) m’a fermement déclaré qu’il me faudrait dorénavant descendre au restaurant pour y prendre mes repas, vu la trop grande quantité de plateaux à porter en chambre. Pensez-vous, comme moi, que j’aurais dû rester dans ma chambre à midi ? J’aurais ainsi évité également le monsieur au cigarillo, qui m’a retenue debout sans bouger pendant vingt bonnes minutes… J’en connais deux qui doivent ricaner en se pourléchant les babines, et en concoctant des tortures raffinées pour les jours à venir… Eh bien non, mes cocos ! Je vous aurai bel et bien ! Comment ? Vous n’espérez pas, quand même que je vous le dise ? Vous verrez bien !

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