Bruit de brancard dans le couloir à 8 h 47… Les ambulanciers sont en avance ! Tant mieux, j’étais prête depuis longtemps. Saucissonnée devant la porte de ma chambre, descendue par l’ascenseur, embarquée dans l’ambulance top chrono, c’est 8 h 53.
Côté maison, les nouvelles sont pas bonnes… commandé le 31 décembre, le bois de lit qui doit contenir le nouveau sommier électrique indispensable à mes futurs après-midis de repos était bien arrivé depuis dix jours, mais il manquait la moitié des vis et des pièces d’assemblage… Le sommier électrique était lui aussi bien arrivé deux jours avant, mais lui n’avait pas ses pieds. Les deux sites, vigoureusement stimulés, injuriés, vilipendés par mails, au téléphone tous les jours n’avaient qu’une réponse, la même : « Je me renseigne auprès de notre fournisseur, je vous rappelle… » Bien évidemment, pas de rappel.
Côté construction, aussi des problèmes. Les lattes supposées soutenir le sommier ne peuvent pas être mises en place à l’emplacement prévu, cause moteur du sommier, et de toute façon, tant que la visserie n’était pas arrivée, pas de montage possible.
L’ancienne armoire, qui menaçait de s’écrouler depuis quelque temps (plus de dix ans, premier prix Confo, pas de lézard…), avait été démontée également, son contenu soigneusement installé sur le lit de la chambre (désormais vide) de Marina, et j’étais sans nouvelles de sa success-trice, commandée, elle, le 20 janvier, délai annoncé 24/48 heures… (Je le suis toujours aujourd’hui, une semaine après mon retour…)
Bref, retour un peu … chantier, dirons-nous ! Nous avons dormi les deux premières nuits sur l’ancien matelas de l’ancien lit, posé par terre, (configuration idéale pour d’allonger et se relever) à côté du bois de lit-pieds-en-l’air, puisque non raccroché à la tête de lit et posé par terre. La visserie est arrivée le troisième jour et nous avons enfin pu étrenner le nouveau lit, faire monter et descendre la tête de lit, puis monter et descendre les pieds de lit, d’abord le matelas de droite, puis le matelas de gauche…
Problème épineux suivant : comment m’empêcher de m’attaquer tout de suite au gros œuvre de l’appartement ? Le récurage express de la cuisine m’a rassurée instantanément, en me donnant vertiges et nausées… Direction le lit électrique…ah non, zut, pas encore ! J’avais oublié que le volet ne s’ouvrait plus et que le service technique de la Mairie de Chassieu, ma propriétaire, étant sans budget jusqu’au mois de mars, n’enverrait personne pour le réparer, voire le changer, (même problème chez ma voisine de dessous, même résultat) avant quelque temps…
Soit ! Je me suis installée sur le canapé du salon en position horizontale, ce qui m’a collé le bourdon, mais a fait cesser les malaises. Je commençais à prendre conscience que revenir à la verticale après avoir vécu à l’horizontale 22heures/24 pendant trois mois n’allait pas être aussi facile que ça.
Jeudi après-midi, radio de contrôle puis consultation postopératoire des trois mois. J’ai revu avec plaisir M. Charmant Chirurgien, qui m’a assuré, au vu de la radio, de la bonne voie de la prise de greffe, et m’a demandé si j’avais laissé un souvenir impérissable à l’équipe du château de Gléteins, question qui m’a fait hausser les sourcils… « C’est l’impression que j’ai eue au téléphone quand le médecin m’a appelé pour me dire que vous étiez parfaitement capable de rentrer chez vous, et me demander s’il fallait vraiment qu’ils vous gardent… » Je lui ai assuré que j’avais été exemplaire, que je ne me levais que pour aller manger à midi et le soir depuis un mois et demi, et que j’avais arrêté de galoper dans le parc dès que Dame Douleur s’était manifestée, que M. Corset ne me quittait pas depuis le début. Il m’a alors félicitée mais a refusé de prononcer le divorce espéré. Encore trois mois, m’a-t-il dit. Jusqu’à ce que la greffe soit totalement solidifiée, et que l’on puisse envisager la rééducation (encore ? – Mais oui !) Question subsidiaire, quoique j’y aie déjà répondu… position assise et conduite autorisée ? Oui, dans la limite des douleurs, sans antalgiques. Je l’ai assuré de mon sevrage récent de tout antalgique, sans que DD se soit manifestée. (Définitivement vaincue, la diablesse ! Sauf si je déraisonne…) « Prochain rendez-vous dans trois mois, au revoir chère Madame ! Soyez sage ! »
Les jours suivants ont été … euh… larmoyants ! Impossible de rester assise plus de cinq minutes, difficile de s’installer au volant…au secours ! Heureusement la persévérance paye toujours… J’ai pu rédiger cet article…en trois fois, je ne pourrai malheureusement pas venir vous voir avant ce soir ! Mais nouvelles globalement bonnes, petite forme, nuits difficiles (sevrage ?), mais peu ou pas de douleurs, et un moral qui remonte en flèche après avoir été durant quelques jours … hésitant !












