Hi hi hi ! Pendant que tout (ou presque) le département est sous la neige, le château de Gleteins est au soleil ! C’est’y pas beau, ça ? Bon, allez, j’avoue… A l’heure où j’écris ce petit (euh …si j’y arrive…) article, le ciel est uniformément gris et des flocons minuscules commencent à tourbillonner devant la fenêtre, trop légers pour tomber plus rapidement.
Il est 14 h 35, je viens de sortir d’un état bizarre de « sommeil éveillé », à savoir un état de conscience parfois interrompu par une déconnexion cérébrale qui m’entraîne dans un autre environnement, en présence de personnages connus ou non, dans uns situation qui n’a rien à voir avec la situation actuelle (je crois qu’on appelle cela un rêve) qui s’interrompt rapidement pour me faire revenir dans l’état de conscience précédent. C’est un état dans lequel je me retrouve souvent dans la journée, qui ne me plaît pas, qui me dénature. Je ne suis plus moi puis trois jours…
Je fais le bilan des deux semaines qui viennent de s’écouler…Au début de cette période, j’étais dans un état qui me satisfaisait tout à fait : je savais exactement les mouvements qui provoquaient les assauts de Dame Douleur (malgré la présence prétendument protectrice de M. Corset…), donc je les évitais, et tout allait bien.
Puis, sournoisement (de toute façon, la sournoiserie est le pilier de sa personnalité, associé à la traîtrise, l’opportunistéisme et la méchanceté…), Dame douleur a commencé à enflammer mon dos petit à petit, a embrigadé son fidèle complice qui n’a pas paré ses attaques alors que c’était son boulot, qui a ajouté ses petites tracasseries personnelles sous forme de douleurs supplémentaires au niveau de la hanche droite. Vous vous rappelez quel est le gros défaut de M. Corset, à part son côté possessif ? Non ? Bon, ça fait trop longtemps que je vous l’ai présenté, et je vous ai peut-être embrouillé la tête avec mes tartines de détails… Eh bien, c’est la rancune ! Comme la vengeance est un plat qui se mange froid, il exprime maintenant sa rage d’avoir été enfermé dans un placard pendant cinq mois, alors qu’il était en pleine idylle avec moi depuis le mois de février. Que voulez-vous, je ne peux en aucun cas l’enlever pendant une période de trois mois, donc quoiqu’il fasse, il me serrera toujours dans ses bras, et sa complice œuvre vigoureusement de son côté, il s’est dit que c’était le moment idéal pour accomplir sa vengeance.
Ils ont tellement bien travaillé tous les deux qu’ils arrivés une nuit à m’empêcher de dormir. Et là, j’ai dit stop !!! Vous savez, les petits comprimés que je n’aime pas parce qu’ils annihilent les effets des assauts de Dame Douleur, l’empêchant de délivrer son message d’ « alerte, dysfonctionnement !», eh bien j’ai fait appel à eux ! Et à haute dose ! De toute façon, le message d’alerte avait été délivré, analysé, et le seul traitement étant le repos, il devenait inutile de supporter héroïquement des douleurs qui avaient l’insolence de prétendre m’empêcher de dormir. C’était supportable la journée parce que j’étais occupée et qui je n’y pensais pas, mais la nuit (en principe…) est le moment consacré à la récupération des efforts fournis dans la journée, sonne l’arrêt de toute activité physique ou cérébrale, ordonne au marchand de sable de se mettre au boulot, et rapido ! Or le sable n’est pas de taille devant les assauts de Dame Douleur, même si M. Corset est viré la nuit (ce qui crée tous les jours une nouvelle rancune), il devenait impossible de trouver M. Sommeil, l’homme de mes nuits…
Le médecin qui me suit au centre et qui n’a pas encore compris pourquoi j’avais viré les Dafalgan, Topalgique et autres agents masqueurs de mon traitement (je les entassais sur le bureau, bien en vue, tous les jours, en répétant chaque jour à l’infirmière de les récupérer, ce qu’elle ne voulait pas entendre), ne fit aucune difficulté à me re-prescrire des antalgiques, qu’il choisit après une conversation avec mon chirurgien (il l’ a eu tout de suite en ligne, alors que j’attends depuis mardi qu’il me rappelle !! Faudra que je lui dise deux mots…).Celui-ci lui a confirmé que les douleurs étaient dues au fait que j’étais impossible à mettre au repos, « je connais bien Madame Gribouille, c’est une bombe ambulante, elle ne peut contenir son énergie, et quand je dis de marcher et de monter-descendre les escaliers tous les jours, elle a dû essayer d’atteindre l’objectif que je lui ai fixé le plus vite possible, et comme les antalgiques lui masquent la douleur, elle a dépassé les limites. De toute façon, il faut attendre au repos que les douleurs diminuent, je la reverrai le 4 février, et j’aviserai à ce moment-là » .Puis il a confirmé sa prescription d’un séjour au centre jusqu’à la date de la consultation. Le médecin du centre m’a rapporté fidèlement ses paroles, et a conclu qu’il me garderait donc jusqu’à début février.
Le jour suivant, j‘ai dormi la moitié de la nuit et j’ai dû appeler l’infirmière de nuit pour avoir un rab de masqueur , Dame Douleur ayant repris du service. Le médecin, revenu le lendemain pour avoir des nouvelles, a donc modifié encore une fois son ordonnance, et j’ai dormi la nuit suivante comme un bébé. Par contre, quand j’ai voulu sortir du lit, j’ai vu tourner les murs de la chambre, les nuages ont envahi ma tête, j’ai dû m’accrocher au pied de lit pour ne pas tomber, et j’ai dû attendre un moment avant de pouvoir gérer moi-même mes déplacements. Vu que le sol est entièrement recouvert d’un lino (plus facile à nettoyer que la moquette…), j’ai dû conclure que cette défaillance était bien le fait de ces diables de cachets et que je n’avais pas le choix : subir les attaques de Dame Douleur ou me transformer en semi-zombie…
Le choix a été vite fait. Gribouille se transforme en zombie dès qu’elle veut mettre pied à terre, c’est-à-dire à de nombreuses occasions dans la journée (je vous laisse deviner lesquelles), l’affichage digital de l’appareil à prendre la tension affiche 9 ce matin. Elle a aussi des moments où il lui semble qu’un démon invisible lui ferme les yeux de force pour la mettre dans ce fameux état de « sommeil éveillé ». Mais …elle dort toute la nuit, Dame Douleur est vaincue ! Victoire !!!
Bon, euh…. C’est décidément impossible de faire short…















