Eh bien non, je n’ai pas explosé ! Ma tension est montée à 12, chose qui ne m’était jamais arrivée (je navigue entre 9 et 10), mais j’ai tenu bon. Les problèmes ne sont pas résolus, mais j’ai pris du recul … géographique !
Reprenons depuis le début… Le dernier article concernant ma santé en était resté à … Monseigneur Tens ! Ouoauh ! J’ai du retard… En même temps, il y avait la fin de saison de Percute à suivre… C’est qu’il est allé se confronter aux cracks dans la cour des grands, mon petit bonhomme !
Mais revenons à nos moutons. Le séjour chez les commandos, au cours duquel je me suis donnée à fond, a atteint son objectif… des muscles et des stratégies ! Mais il n’a malheureusement pas redonné de corps à mon disque et rebouché le trou de ma vertèbre. Et la décision fut vite rapidement prise à la quasi unanimité. (Seul le médecin des Massues mettait un bémol et voulait souligner la nette amélioration constatée après le mois passé là-bas en fermant les yeux sur les deux blocages survenus au cours du séjour, tout en comprenant que l’avenir comporterait pour moi des souffrances inévitables…bref, elle enfilait son parapluie…pardon, son imperméable !)
Je suis donc rentrée à l’hôpital Jean Mermoz (il est marrant, cet hosto, non ? On voit strictement rien de l’extéroeur, les fenêtres sont bariolées de blanc, je vous assure qu’on n epeut pas le rater !)le 3 novembre, dans une chambre individuelle où j’ai flashé instantanément sur deux choses : l’écran plat HD 81 cm fixé au mur devant mon lit, et la télécommande des volets électriques… L’opération étant programmée en début d’après-midi, j’ai même pu prendre un repas léger le soir, alors que je me préparais psychologiquement depuis la veille à une soirée « ventre-vide », synonyme très proche de « martyre » ou « torture » …On m’a descendue au bloc le lendemain à 15 h 15, et gros trou noir jusqu’à 21 h 00, où je me suis retrouvée seule dans ma chambre ; Aucun souvenir de la salle de réveil où de façon logique j’aurais dû me réveiller ! Vague impression d’un médecin me disant que tout s’était très bien passé, était-ce mon charmant chirurgien ou le gentil anesthésiste, point ne sais-je. Et gros dodo.
Le lendemain soir, j’ai fait le point sur les divers messages que m’envoyait mon corps. Il se déclarait tout d’abord absolument satisfait de la qualité de ce qui était rentré par la bouche à trois reprises pendant la journée. Puis il s’est montré indigné par les hématomes dont mes bras étaient recouverts au niveau du pli du coude et autour du nombril, et qui prenaient une vilaine couleur violet-vert-jaunasse, mais a reconnu que le surjet interne faisait une très jolie cicatrice, fine et sans boursouflures.
Puis il s’est brusquement tu, et j’ai compris son trouble : il allait attaquer les plaintes concernant les douleurs, qui auraient logiquement dû le tourmenter après l’intervention, mais ne trouvait pas matière à se lamenter !
« Allons, se disait-il, un scalpel affuté t’a ouvert le ventre, des doigts se sont introduits et ont frayé un chemin jusqu’à ta colonne vertébrale pour y amener tout un attirail de bricolo et le fixer avec des vis, en titane d’accord, mais des vis quand même, après avoir retiré le peu qui restait de ton pauvre disque, et mis en place un truc en carbone autour duquel il y a une substance qui soi-disant génère de la matière osseuse, et tu n’as PAS DE DOULEURS !!! C’est un rêve, tu vas obligatoirement te réveiller, ce n’est pas possible !!! »
Il a eu beau me sommer d’arrêter les drogues, faire refaire le scanner corporel par mon cerveau cette fois-ci tout à fait opérationnel, toujours pas de douleurs ! Il n’a eu de cesse dès lors à me tourmenter jusqu’à ce que je le sorte du lit et fasse quelques pas, en équilibre précaire, mais qui m’ont menée jusqu’à la salle de bains. Toujours pas de douleurs !
Elles sont quand même arrivées…Mais pas où on les attendait ! Dans le pli de l’aine, et sur le haut de la cuisse gauche. Et quand je dis des douleurs, ce sont des vraies ! Style coup de poignard dans l’aine, et brûlure au fer rouge sur la cuisse. Interrogé, le chirurgien me dit que c’est normal, que pour parvenir à la colonne, il fallait passer à travers le psoas, muscle profond, qui manifeste son déplaisir… de façon déplaisante !!
Deux fois par jour, un kiné venait me faire faire de l’exercice, enfin, de l’exercice… Il me prenait solidement par le bras, genre pour s’assurer que je n’allais pas tomber, et on parcourait ainsi les 25 mètres du couloir aller-retour. Puis il me demandait si je n’étais pas fatiguée…Le deuxième jour, il me fait faire une fente avant, puis deux, puis trois sur chaque jambe, puis me dit que ça suffira pour l’instant. Le troisième jour, il m’emmène dans les escaliers et me demande si je me sens de descendre et remonter un étage. Alors là, je me suis permis de lui dire que quatre mois auparavant, je me tapais mes 21 étages montée-descente tous les jours avec 6 kg dans un sac à dos, et que bon, j’étais un peu flagada maintenant, mais que…Ah ! il dit, vous avez fait les commandos ! Bon, je me fatiguerai avant vous dans les escaliers, on va papoter un peu et je vous ramènerai…















