… qui m’a été proposée par les parents de Serge, lesquels possèdent un hors-bord ancré au Bourget du Lac. Les journées « bateau » étaient consacrées il y a quelques années à la pratique du ski nautique, que j’ai abandonnée lorsque mon dos a commencé à me faire souffrir.
J’avais l’intention de refaire un essai, tentative bien vite inhibée par Dame Douleur… Celle-ci m’a instantanément fait comprendre qu’elle était toujours dans les parages lorsque j’ai voulu enfiler mon maillot dans la petite cabine sous le capot… limitée en hauteur à 1,10 m environ ! D’autre part, sortir de l’eau les deux pieds chaussés dans le ski demande le même genre d’effort que celui qui m’a valu un blocage un mois après le début de mes amours avec M. Corset, à savoir enfiler une botte récalcitrante…J’ai donc vaillamment résisté à la tentation de chausser mon ski, malgré ses supplications muettes.
J’ai tout de même apprécié la traversée du lac d’Aix-les-Bains, au cours de laquelle j’ai pu vérifier que les acquis de l’apprentissage de la conduite d’un bateau sont très volatiles …(bouée verte à droite ou à gauche ? Vitesse limite dans le chenal d’accès au port ? Distance minimum à laquelle on doit croiser un autre bateau ? Et plein d’autres questions encore…) Mon permis bateau date de dix ans, et sans pratique régulière…évacuation du disque dur !
Nous avons fait un clapoux (comprenez une petite bouffe) sympathique dans un petit port au bout du lac, un œil sur notre assiette et l’autre sur le bateau. Une fois l’estomac garni, l’étape suivante était traditionnellement une petite sieste à l’ombre dans le canal qui s’enfonce à l’intérieur des terres (ne me demandez pas son nom, par pitié !). La journée a bien failli en rester là…Certainement contrarié par sa longue attente en plein cagnard, ou bien par le changement de conducteur (…), le bateau a catégoriquement refusé de démarrer ! La batterie semblait ne pas donner d’ordre au démarreur, et se contentait de mettre en route les divers cadrans, compte-tours, vitesse (nulle, évidemment), température d’eau et d’huile, etc. L’inséparable couteau suisse de Claude (le papa de Serge) lui a finalement permis d’aller visiter le tableau électrique pour tripoter les divers fils, qui étaient tous apparemment bien en place, mais qui, une fois secoués, ont sommé vigoureusement la batterie capricieuse à donner son ordre au démarreur.
Une fois dans le canal, nous avons rejoint la place traditionnelle de la famille Perrier, à l’ombre des arbres poussant sur la berge, et nous nous sommes arrimés aux branches. Petit dodo, souvent interrompu par les coups de trompe des plaisanciers jaloux de ne pas avoir trouvé de place, ou par les remous de certains hors-bords, trop snobs pour respecter la limitation de vitesse dans le canal, qui nous propulsaient contre les arbres…Moment éminemment sympathique, qui eut malheureusement sa fin lorsque Claude décida que le capot était décidément trop inconfortable pour lire (Les dames avaient eu droit à la large plage arrière, garnie de coussins, pour chouchouter leur dos)…
J’ai été sommée par mon beau-père-coach de procéder à la manœuvre de départ, qui apparemment était fort simple, mais où j’ai failli précipiter Simone, ma belle-mère, dans les bras des arbres, avant d’aller probablement prendre le frais dans l’eau du canal…Montée sur le capot pour dégager les amarres, elle n’a résisté à la brusque avancée du bateau (ralenti trop bas, j’ai dû mettre un peu de gaz pour ne pas caler, et je n’étais visiblement pas au point mort…) qu’en s’agrippant aux branches pour ne pas perdre l’équilibre…Quoique nos rapports soient excellents, je pense que j’en entendrai parler !









